La Coupe et le Talisman d'Al-Akbar

par ZENTHAR le Magnificent (Gaël DÉZIR)



Jeu :
AD&D
Monde :
Faucon-Gris (Greyhawk)
Style de jeu :
Relique (s)

Description des Deux Reliques : Ce chapitre couvre un rapide aperçu de ce à quoi peuvent bien ressembler la Coupe et le Talisman. Peut-être prochainement un dessin...
La Valeur des Saintes Reliques : Un très très rapide aperçu sur leurs valeurs monétaires, qui de loin est la moindre de leurs valeurs.
Histoire détaillée : Il s'agit là bien évidemment de l'histoire détaillée des Saintes Reliques, oserais-je dire de leur histoire "romancée"... Du moins je fais de mon mieux !!!:op
Chronologie : Comme vous le comprendrez vite, il s'agit d'un résumé de l'histoire détaillée qui précède, avec repères chronologiques pour ceux qui n'arriverait pas à tout suivre (et on les comprend...).
Les Pouvoirs des Saintes Reliques : Bon, et bien... on est bien obligés d'en passer par là, alors vous y trouverez leurs pouvoirs détaillés. Rassurez-vous tout de suite, rien de trop extravagant (je réserve cela à d'autres de ces "Reliques").
Se libérer des Reliques : Pour ceux qui voudraient s'en débarasser (les fous), un court chapitre traitant des possibilités, ainsi que des inconvénients qu'il y a à les posséder...
Le Destin d'Al-Akbar : Pour ceux qui n'auraient pas encore mis la main sur les nouvelles productions de Greyhawk (par WOTC), un petit rappel de QUI est Al-Akbar, en plus de savoir qui il était...
Les as-Azins : Un tout petit mot pour finir sur cette légendaire secte, non pas leur description (peut-être plus tard) mais l'origine même du mot, trop souvent fourvoyée.


"Lorsque les Ténèbres Vivantes déferlèrent sur nos plaines et emportèrent les âmes de milliers de nos frères droit vers l'Innommable Géhenne, un homme seul se présenta face au Chaos Rampant, et armé de son indéfectible Foi il repoussa les Hordes du Chaos, et sacrifia sa vie pour celles de ses frères. Ainsi périt Mu'Iwayya al'Akbar, Divin Exemple et Idéal Ultime des médiocres hommes que nous sommes."

Extrait des "Mémoires" d'Amhara le Sublime, Premier Sultan d'Arir


Description des Saintes Reliques :

La Coupe d'Al'Akbar est formée d'un seul tenant. Elle possède un pied de 10 centimètres de hauteur de forme conique concave, pour une base de 6 centimètres de diamètre. La vasque pour sa part mesure quelques 15 centimètres de haut pour 20 centimètres de diamètre au plus large, le tout pour une contenance maximale d'approximativement deux litres.
Cela donne donc au final une hauteur en pied de 30 centimètres pour une largeur (diamètre) de 20 centimètres.

La Coupe tout entière est faite d'or martelé engravé d'argent. Sur le pied, à environ 2 centimètres de hauteur, sont sertis trois beaux saphirs, enchassés d'électrum. Ces saphirs sont disposés en un triangle équilatéral (sur le plan horizontal).
La vasque, bien évidemment faite des mêmes métaux, est également sertie de saphirs identiques. Au nombre de neuf, ils sont disposés en trois triangles équilatéraux pointant vers la base (puisque sur le plan vertical). Chacun de ces trois triangles contient en son centre parfait une spinelle mauve de la plus belle eau. Or, ces trois spinelles forment à leur tour un nouveau triangle équilatéral (à nouveau sur le plan horizontal). De plus, le centre exact de ce triangle correspond parfaitement non seulement à l'axe central de la Coupe, mais également au centre du triangle (équilatéral) formé par les trois saphirs du pied. Ces spinelles ne sont d'ailleurs nullement serties à la vasque, mais semblent pour ce que l'on en sait faire partie intégrante de la Coupe elle-même, être "encastrées" en elle. Enfin, toujours aussi troublant, il est avéré que si l'on traçait une droite reliant la pointe des trois triangles équilatéraux de la vasque à leur spinelle centrale, ces trois lignes se rejoindraient au centre précis du triangle formé par les trois saphirs du pied.
Il est certain que ces figures géométriques multiples, toutes reliées les unes aux autres et convergeant vers un point précis, jouent un rôle dans l'acquisition et le déclenchement des pouvoirs mystiques de la Coupe. Et cela même si savant et théoriciens s'interrogent encore de nos jours sur la signification et les implications de ces formes, qui se réfèrent à un savoir vraisemblablement perdu.
Leurs interrogations se portent également sur la conception même de l'objet. En effet, celui-ci fut façonné il y a maintenant plus d'un millénaire, par un peuple (les Paynims) qui semble n'avoir jamais eu le moindre don dans cette science que l'on appelle mathématiques. Leurs talents d'orfèvres n'ont jamais non plus atteint un tel niveau de précision et de beauté.
La Coupe est de plus entièrement ciselée d'entrelacs et d'arabesques sinueux si entremêlés que certains y voient parfois des images ou des représentations. Mais cela n'arrive que rarement, et uniquement dans une certaine luminosité et sous un certain angle, qu'il s'avère par l'expérience totalement impossible à reproduire. Ces visions ou mirages, selon la signification que chacun leur donne, sont pour certains de simples vues de l'esprit, des hallucinations, alors que d'autres les prennent pour des messages prophétiques cryptés, adressés par Al'Akbar lui-même.

Le Talisman quant à lui est suspendu à une superbe chaîne d'or ciselé et d'électrum à large maille (environ 1,6 centimètres). Cette chaîne est elle-même cerclée d'un fin maillage d'argent, torsadé autour d'elle, et portant un total de 24 petites sphères d'argent réparties symétriquement.
En effet, elles sont au nombre de 12 de chaque côté du pendentif central, six sur la tranche extérieure et six sur la tranche intérieure. Seul le plus minutieux des examens permet de révéler une fine engravure de platine au coeur de ce cerclage, ou du moins de 16 des 22 parties de cerclage reliant les sphères entre elles. Cette engravure à donc pour effet de regrouper ces sphères, disposées en une parfaite symétrie, en 16 séries de trois, huit séries de chaque côté du pendentif.
Chacune de ces sphères d'argent massif mesure exactement 1 centimètre de diamètre, et elles sont placées tous les centimètres et demi en alternance (ou tous les trois centimètres sur une même tranche). Il apparaît donc après calcul que chacune de ces séries de trois sphères forme une fois encore un parfait triangle équilatéral, en mesurant à partir de leur centre précis, motif qui se retrouve sur la Coupe.
Le coeur de la chaîne, par lequel est attaché le pendentif, est fait d'une énorme perle ovoïde inversée (en forme d'oeuf pointant vers le bas donc). Cette perle fine polie semble être mystérieusement traversée par la chaîne, bien qu'elle n'ait nullement été coupée pour permettre cette aberration. Certains spécialistes en la matière supposent qu'une quelconque sorcellerie fut utilisée pour "dématérialiser" la perle en quelques sortes, afin de la rendre "traversable", comme si elle n'avait plus ni densité ni résistance. Et une fois la chaîne placée au coeur de cette perle immatérielle, sa condition originelle lui aurait été rendue, lui permettant donc de s'ancrer autour de la chaîne.
Cette perle ne mesure pas moins de 4 centimètres dans sa hauteur, et 3 centimètres dans sa plus grande largeur.
La chaîne mesure au total 94 centimètres de longueur, à savoir 2 centimètres pour la perle centrale; 1,5 centimètre de la perle à la première sphère d'argent, de chaque côté (donc 3 centimètres au total); 33,5 centimètres de chaque côté le long desquels sont positionnés les sphères d'argent; et finalement 20 centimètres de chaîne seule (10 de chaque côté), se retrouvant sur un fermoir de 2 centimètres.
Pour un homme de bonne taille, comme l'était vraisemblablement Al'Akbar, le pendentif tombe donc précisément sur le plexus solaire.

Pour ce qui concerne le pendentif, il est fait de platine martelé, engravé d'argent, et est tout aussi particulier que sa chaîne. Il revêt la forme d'une étoile à huit branches, à l'extrémité desquelles est sertie une gemme parmi les plus pures. Chacune de ces pierreries se trouvent alignées par deux sur des branches opposées. Ainsi la "pierre" supérieure est la perle même qui relie le pendentif à sa chaîne, et à l'opposé la branche inférieure porte également une perle (gris-rose), bien plus classique par sa forme sinon par sa taille. Les pierres de droite et de gauche sont des émeraudes. Les pierres de l'axe supérieur-gauche/inférieur-droit sont des rubis, tandis que celles de l'axe supérieur-droit/inférieur-gauche sont des saphirs.
Tout ceci est bien sûr valable lorsque l'on porte le pendentif, et il faut inverser les axes pour qui le regarde de face. Cela donne donc la succession de pierreries suivante, dans l'ordre inverse du mouvement du soleil : la grosse perle supérieure, un rubis (rouge), une émeraude (vert), un saphir (bleu), une perle, un rubis, une émeraude, un saphir, et à nouveau la perle supérieure.
Les extrémités des huit branches ont été tronquées à un demi centimètre de leur sommet, afin qu'y soient placées et serties les gemmes. Chacune d'elle hormis les perles est taillée en diamant. Elles possèdent donc une base d'un demi centimètre de large, sont haute du demi centimètre tronqué, et longues d'un centimètre, comme l'épaisseur du pendentif.
Pour information, ce sont donc des pierres de 5 à 6 carats.
La perle supérieure a déjà été décrite (et une perle de trois centimètres sur quatre, cela ne s'oublie pas !). La perle inférieure, comme la précédente, est elle aussi tronquée afin de parfaitement s'adapter à sa branche. De forme classique (donc ronde), elle possède une taille de 2 centimètres de diamètre.
Le coeur du pendentif est quand à lui évidé, et occupé par un "cristal" sans défaut, absolument transparent. Taillé "en émeraude", il mesure 2,5 centimètres de long sur 1,5 centimètre de large, et occupe l'épaisseur même du pendentif (un centimètre). de fait, seuls l'expertise d'un jouallier ou un choc massif sur ce "cristal" démontreront qu'il s'agit en réalité d'un magnifique diamant à l'incomparable pureté.
Enfin, autour de ce diamant sont disposés huit émaux. En forme de triangle isocèles (pour une fois), dont les angles sont contigus et dont chacun des sommets, pointant vers l'extérieur, s'arrête à l'intersection de deux des branches, ils constituent une sorte de couronne fermée autour de la pierre centrale.

La Valeur des Saintes Reliques :

La Coupe d'Al'Akbar, pour les seuls matériaux la composant et le travail d'art déployé, atteint une valeur marchande de 10 000 à 12 000 Orbes d'Or. Mais cette valeur est sextuplée par la présence des pierreries l'ornant. Chacun des douze saphirs est estimé à 5 000 Orbes d'Or, et les trois spinelles mauves (parmi les plus recherchées) à environ 1 000 Orbes chacune.
La valeur intrinsèque de la Coupe est donc au bas mot de 75 000 Orbes d'Or, mais certains collectionneurs et divers clergés donneraient bien plus pour entrer en sa possession. Et certains fanatiques n'hésiteraient pas à tuer, voire même à guerroyer, pour la récupérer.

Le Talisman d'Al'Akbar possède une valeur bien supérieure à ce que l'on en pense habituellement. Le collier à lui seul atteint pratiquement la somme de 10 000 Orbes d'Or, sans compter son énorme perle, appelée poétiquement la "Larme d'Istus". Celle-ci pourrait se vendre aux alentours de 4 000 Orbes d'Or, ce qui est considérable pour une perle (si bien sûr il était possible de la retirer du collier...). Quand au pendentif, sa valeur est largement composée par ses pierreries. Outre la "petite" perle, valant tout de même quelques 1 000 Orbes d'Or, chacune des six gemmes (deux saphirs, deux rubis et deux émeraudes) atteint une valeur approximative de 5 000 Orbes.
Mais c'est bien évidemment le diamant central, le Coeur d'Al'Akbar (aussi appelé Oeil d'Al'Akbar pour des raisons évidentes plus loin), qui est réellement hors normes. Il n'est pas d'une taille excessive (près de 150 carats tout de même), mais sa pureté absolue lui confère une valeur de près de 25 000 Orbes d'Or.
Le tout, pendentif inclus, atteint donc la somme considérable pour un tel bijou de plus de 70 000 Orbes d'Or, et là encore sans compter ni l'aspect historique de l'objet, ni son estime religieuse, ni même ses capacités miraculeuses.

Histoire détaillée :

Cette histoire commence il y a fort, fort longtemps de cela, en une période si reculée du temps que presque plus rien n'en est aujourd'hui connu. Elle commence avant même les Deux Cataclysmes.

En ce temps-là, Zunid ad-Zol, le Prince de la Maison de Zolax fut couronné "Empereur des Peuples Sull", impliquant une volonté évidente de régner à nouveau sur tous les peuples voisins. Car les Sulois avaient régné durant plusieurs millénaires sur tous les autres peuples, dont les Baklunis. Mais ceux-ci s'étaient affranchis dans le sang et la douleur depuis des siècles.
A cette annonce les Baklunis retirèrent immédiatement leur ambassadeur de l'Empire Sulois.

Les relations entre les deux puissants états ne cesseront dès lors de se détériorer, jusqu'à ce que finalement commence la "Grande Guerre", ou "Guerre Impériale". Le Caliphe Bakluni Haran ben Ramif envoya une armée défendre la critique Passe de Sulhaut, point névralgique entre les deux nations, où neuf mille Bakluni avaient été massacrés.
La Sainte Prophétesse Devrah d'Istus prédît alors que les terres des Sulois seront lavées "aussi pures que le désert".

La Grande Guerre dura plusieurs décennies, avant que n'intervienne ce que l'ont appellera l'Année des Prophètes. En effet, sept différents prophètes prédirent la destruction de l'Empire Sulois dans les 30 années à venir. L'Empereur les fit tous noyer et écarteler, même si l'un d'entre eux était un Haut Prêtre de Beltar, religion d'état officielle.
L'année suivante vit l'émergence d'Arish ben Alif, un Prophète errant, qui prédit la destruction du Peuple Bakluni. Il avertit le Caliphe de la catastrophe à venir, et le conjura, sinon de cesser l'atrocité de ces guerres, du moins de conduire son peuple vers une sécurité qu'ils ne gagneront que par l'exil. Mais il fut déclaré hors-la-loi par la Grande Prêtresse d'Istus, Aphra. Le Caliphe Namesh bin Jamish ordonna alors l'arrestation d'Arish, mais il parvint à s'échapper.

Durant les cinq années suivantes, Arish hanta les extrémités occidentales des terres Bakluni, et parvint à convaincre six familles du désastre approchant. Elles émigrèrent pour l'est, dans la partie septentrionale de la Flannaesse. Arish pour sa part continua ses errances prévaricatrices à travers le Caliphat, honni et banni dans certaines villes, traité au mieux avec indifférence dans d'autres. S'éloignant d'Istustan, le coeur du Caliphat qu'il jugeait également comme le coeur de la contamination, il rencontra dans les vastes plaines arides du ponant les nomades y vivant encore, cousins des Bakluni ayant refusé la "civilisation".
Accueilli par ces étrangers comme l'un des leurs, il passera les dix prochaines années en leur sein, propageant sa parole de Prophétie et ses visions de décadence du Caliphat, et convertissant leurs diverses tribus à son idée.
Ils devinrent ce que les dernières annales du Caliphat nomment les Arimites, "une secte dissidente, quasi-fanatique, mais ne représentant pas un danger pour le pouvoir".
Cette même année Arish retourna à la Cour d'Istustan pour tenter de convaincre le nouveau Caliphe Talna bin Namesh d'émigrer pour l'orient avec les peuples Bakluni. Celui-ci ordonna également son arrestation et sa condamnation à mort par noyade. Néanmoins, Arish parvint à convertir Mu'Iwayya, le neveu du Caliphe. Se fiant à lui pour perpétuer son oeuvre, il lui transmettra tout son savoir au cours des semaines que durera son emprisonnement, à propos des Paynims, de la Foi, des forces magiques, mais aussi des mathématiques et du Nombre d'Or ou de l'astronomie. Il lui fera même partager ses plus grands secrets la nuit précédent son exécution.

Sachant ne rien pouvoir faire pour son Maître, Mu'Iwayyawayya se résolut à agir concrètement pour le bien du peuple et du Caliphat tout entier, mais durant ses quelques heures de sommeil il eut la première de ses visions, qu'il jugea bien sûr prophétique. Le lendemain matin, il réunit un petit corps de Capitaines et de gardes fidèles à sa personne, ainsi qu'Amhara, le meilleur de ses amis. Il en envoya la majorité au Saint Temple d'Istus, et garda quelques hommes avec lui. Il dût ensuite assister à l'exécution de son maître à penser, ce qui lui brisa définitivement le coeur.
Mais il fut également stupéfait et empli de fierté et d'admiration en voyant avec quelle dignité et quelle prestance Arish périt. Il rappela une dernière fois au Caliphe et au peuple, de la plus sereine des voix, que le cataclysme allait inévitablement se produire. Il n'implora pas un seul instant pour sa vie, mais implora et exhorta le Caliphe et la Sainte Prophétesse à penser à leur peuple et à leur civilisation, avant qu'il ne soit trop tard.
Alors que la foule, inquiétée d'abord puis touchée par ses paroles, s'immobilisait dans un silence de mort (!), la Sainte Prophétesse ordonna qu'il soit immergé. Arish n'eut pas alors le moindre mouvement pour se débattre, mais au contraire se laissa couler, comme emporter, calmement, paisiblement. Pour quelques raisons encore inconnues, la foule se mit alors à hurler et à délirer, réclamant qu'Arish soit remonté et pardonné. Le Caliphe ne sachant visiblement que faire, la Sainte Prophétesse ordonna aux gardes de contenir la foule, et aux bourreaux de terminer leur oeuvre, ce qui fut fait. Mais le gigantesque aquarium de verre permettant à toute la foule de contempler les affres des condamnés se remplit alors rapidement d'un sang écarlate, qui vira au noir lorsque la prison d'eau en fut entièrement remplie. Cela eut pour effet de jeter à nouveau un silence absolu sur la place, chacun observant avec horreur et fascination l'eau maudite qui désormais redevenait claire et limpide. Mais le corps d'Arish ben Alif, désormais appelé par ses partisans et bien d'autres Arish Al'Lahr ou simplement Al'Lahr, le Saint, avait disparu.

C'est alors que se créa un mouvement de panique dans la foule, et tandis que le Caliphe et les dignitaires étaient évacués jusqu'au palais, une émeute éclata sur la place et dans la ville.
De retour au palais, Mu'Iwayya s'arrangea pour obtenir une entrevue strictement privée avec son oncle adoré le Caliphe, et aidé par ses conjurés, postés non loin, il le maîtrisa en douceur et déroba le Khoyn'Ur, cet énorme diamant pur ornant la coiffe de chacun des Caliphe depuis plus de mille ans. Il rejoignit ensuite ses compagnons, qui durant l'exécution d'Arish étaient partis pour le Saint Temple d'Istus. Ils y avaient dérobés l'un des plus précieux joyaux, la Larme d'Istus, une superbe et énorme perle de forme ovoïde. Cette perle est pour les adeptes de la Maîtresse de nos Destinées l'une des larmes qu'elle versa lorsque l'humanité fut rejetée du Mont Lessend par la faute d'Adasin et d'Ios, qui relâchèrent la Mort (Nérull) et la Maladie (Incabulos) sur le monde (poussés par les paroles venimeuses du Dieu Noir Tharizdun).
Mu'Iwayya et ses hommes profitèrent alors de la confusion créée à la fois par les émeutes populaires et par l'agression subie par le Caliphe pour s'enfuir de la cité sans être autrement gênés.
Il libéra alors ses fidèles compagnons de leur serment de fidélité, et leur demanda d'attendre son retour au sein du Caliphat, moment auquel il mènerait les Croyants vers le salut. Suivant les derniers conseils d'Arish, chevaucha vers le Ponant, où il rejoignit les terres du chef des Paynims, le grand Khan Témüjin, ami et allié d'Arish. A son arrivée, celui-ci semblait d'ailleurs l'attendre. Il le reçut avec honneur, comme un Roi, allant même jusqu'à s'incliner devant lui, chose que les hommes de son statut chez ce peuple fier ne font jamais. Mais le Khan reconnaissait en lui le successeur d'Al'Lahr, leur chef spirituel.

Commença alors la Grande Chevauchée. Témüjin Khan, Maître incontesté de toutes les tribus des Paynims unies grâce à Al'Lahr, emmena avec lui chacun des hommes valides (pouvant donc monter à cheval), et conduisit Mu'Iwayya en un lieu connu de lui seul, qui lui avait été révélé par Arish. Mu'Iwayya, suivant ses visions désormais fréquentes, enflamma les coeurs des guerriers et se fit accepter de tous comme leur guide spirituel. Laissant femmes et enfants remonter sur leurs haut plateaux, protégés par les seuls guerriers ne pouvant plus chevaucher, la horde se mit en route.
Sachant fort bien être recherché et pourchassé par les Gardes Noirs du Caliphe, Mu'Iwayya accepta l'offre de Témüjin Khan de l'emmener au loin. Remontant vers le nord, ils furent très vite repérés par les troupes Bakluni postées en observation, et ne furent pas aussi rapide que leurs système de communication.
Aussi les cités Bakluni de la région fermèrent-elles leurs portes, se préparant à subir de plein fouet l'assaut des Paynims. Et chacune priait intérieurement pour qu'Istus dévie leur course vers une voisine. Car comme la guerre se préparait contre l'Empire Sulois, chacun savait pertinemment que des renforts d'Istustan à l'est ou d'Urfa'Khanyia au nord n'arriveraient pas avant que l'une d'elles au moins ait été rasée.
Mais à la surprise générale, la horde évita chacune des villes, et continua son chemin vers le nord. Chacun pensa alors qu'ils se dirigeaient droit sur Urfa'Khanyia, la grande cité Bakluni du nord-ouest, troisième ville du Caliphat en importance.

Urfa'Khanyia était une grande cité portuaire, baignée par les courants chaud remontant du sud-ouest, et possédaient également une importance logistique majeure en tant que source d'approvisionnement en nourriture pour une grande partie du Caliphat. Son importance stratégique était également grande, car bien qu'éloignée de la frontière Suloise, les plaines s'étendant par-delà les montagnes de l'ouest fourmillaient de créatures goblinoïdes hostiles.
Aussi disposaient-ils d'une puissante armée, qui dès la nouvelle de l'approche de la horde se porta à sa rencontre, souhaitant ainsi l'affronter en terrain favorable tout en évitant tout risque pour la cité. Les deux armées se rencontrèrent bien plus près de la cité que les Bakluni ne le pensaient, mais de combat il n'y eut pas.
En effet, se trouvant en terrain neutre et dépassés par une force peut-être cinq fois plus nombreuse que la leur, les Bakluni se préparaient à un combat acharné mais déjà perdu lorsqu'ils virent une délégation s'avancer. Cela étonna suffisamment leur Général pour qu'il rencontre personnellement Témüjin Khan à mi-chemin des deux armées, car connaissant assez bien les Paynims il savait que cela était une première dans leur histoire. Et lorsqu'il reçut du grand Khan l'assurance que la horde souhaitait éviter le conflit, car se dirigeant vers les plaines occidentales, il ne fut que trop heureux d'accepter de les laisser passer, sauvant ainsi sa vie et celles de ses hommes. Mais grand mal lui en prit, car apprenant cela quelques jours plus tard, le Caliphe ordonna sa décapitation pure et simple.

Toujours est-il que la horde poursuivit son chemin, et passa rapidement les cols bas la séparant des plaines sauvages et inconnues infestées de créatures sanguinaires. Ces êtres, Goblinoïdes de toutes sortes, étaient plus sauvages et inhumains que la plupart de leurs congénères, et comme souvent étaient groupés en petits clans tribaux, en guerre les uns contre les autres.
Mais l'arrivée d'une horde de cavaliers humains, venant visiblement les envahir et les exterminer, produisit une tentative de la part de certains chefs pour oublier leurs différents et s'unir face à un danger commun et extrême. Ce ne fut pas une mince affaire, mais la nature des Paynims les poussant à abhorrer ces créatures, nombre de villages et de clans furent anéantis sur leur chemin, poussant les survivants vers lesquels la horde se dirigeait à l'union.
Mais les antagonismes entre des races se haïssant tant ne pouvaient être si facilement oubliés, et entre les combats internes, les trahisons de certains clans fuyant devant la horde, et la valeur de combat des cavaliers Paynims, firent que ce combat tourna, avant même son commencement, à une véritable boucherie. Mis à part les premiers fuyards, il est dit que pas un seul des humanoïdes ne survécut, fauchés les uns après les autres par les marées successives de flèches meurtrières des cavaliers nomades.
Si intense fut toutefois la marque de ce massacre sur les esprits, les mentalités et l'histoire de ces créatures, que durant les siècles qui suivirent, l'une des races ayant eu le moins à pâtir du raid, les Orcs, prit petit à petit le contrôle de chacun des autres clans sous l'impulsion d'une série de chefs de guerre particulièrement compétents et énergiques. Les autres races s'adaptèrent pour leur survie aux méthodes de plus en plus structurées de ce qui deviendra une nation Orc, toute entière réunie autour de la bannière de leur Grand Chef de Guerre.
Les légendes de ces terres lointaines font encore état d'un immense Empire Orc, extrêmement structuré et hiérarchisé, et tout entier tourné vers la guerre, contre les humains s'entend.

La horde quand à elle poursuivit sa Chevauchée, car le lieu que devaient atteindre Témüjin et Mu'Iwayya étaient encore loin. Poursuivant leur descente vers le sud, ils pénétrèrent enfin sur les terres d'un étrange royaume, dont la capitale nommée Lo Tung était leur destination finale. Et enfin les talents guerriers des Paynims et les capacités de stratège de leur Khan furent réellement mis à l'épreuve.
Ils parvinrent en peu de temps à enfoncer les premières lignes de défense frontalières de cet royaume mythique, mais ses ressources étaient si immenses qu'en peu de temps une armée démesurée se présenta face à eux. Et ses éclaireurs apprirent à Témüjin Khan que deux autres armées, à peine plus petites, se présentaient avec quelque retard sur chacun de ses flancs.
Mais le grand Khan, en véritable chef de guerre, n'était pas sans renseignements sur ses ennemis. Ces armées étaient certes extrêmement nombreuses, mais elles ne comptaient que des fantassins, lesquels avaient de plus dû exécuter une longue marche forcée pour parvenir jusqu'ici. Le Khan usa alors à plein des capacités de manoeuvres, d'encerclement et d'embuscades que lui permettait la rapidité de ses cavaliers. Il usa également en maître de sa cavalerie légère pour la reconnaissance et le camouflage.

En conséquence, alors que les troupes adverses étaient quasiment aveugles et complètement exténuées, Témüjin Khan savait presque tout des mouvements ennemis, et ses cavaliers avaient eut le temps de se reposer, hommes et montures. Les combats contre l'armée principale commencèrent par des escarmouches, quelques petits groupes de cavaliers semblant tomber "par hasard" sur l'armée en marche. Puis ce fut un harcèlement de plus en plus fréquent et meurtrier, qui déboucha sur l'attaque d'un large groupe de cavaliers archers, qui comme prévu attira finalement l'armée au complet à sa suite, droit vers l'embuscade où le gros des Paynims attendaient. Alors les archers, surprenant l'adversaire, taillèrent en pièce un bonne partie de l'armée ennemie, cessant le feu lorsque Témüjin Khan à la tête du gros de ses cavaliers ordonna la charge. Le massacre fut généralisé, les morts se comptant en nombre de chaque côté, mais pourtant une fois encore, et bien qu'en infériorité numérique, les cavaliers nomades remportèrent la victoire finale, tout en étant encore capable par leur nombre de tenir tête aux deux armées qui s'approchaient d'heure en heure.
Alors le Khan décida d'une manoeuvre audacieuse : il sépara ses troupes en deux. Les archers resteraient quelques temps sur place, se reposant, et devraient se faire "surprendre" par les armées ennemies lorsqu'elles arriveraient. Leur rôle serait alors de faire retraite jusqu'à un bas vallon situé à quelques kilomètres de là. De son côté, le Khan, accompagné de Mu'Iwayya, et les sabreurs et lanciers partiraient droit devant eux, mêlant leurs traces à celles de l'armée qu'ils venaient d'anéantir. Ainsi les troupes de ce royaume penseraient n'avoir à faire qu'à un nombre restreint de cavaliers, et ne s'attendraient certes pas à être pris à revers par une troupe aussi importante en nombre.
Et de fait ce plan se déroula sans encombres, les deux armées locales se réjouissant de pouvoir tomber sur les envahisseurs de manière impromptue. Les cavaliers archers reculèrent alors dans un désordre apparent, se repliant comme convenu jusque sur le vallon précité, avant de se retourner en son sommet pour faire face aux hommes de pieds les poursuivant. Ceux-ci furent alors pris entre le feu des archers placés en surplomb, et la charge mortelle des cavaliers de Témüjin Khan, qui descendaient l'autre versant du vallon. Pris au piège au creux du val, les soldats se sachant condamnés à mort se défendirent alors comme jamais les Paynims ne les en auraient cru capables, infligeant de très lourdes pertes à leurs ennemis, en concentrant toute leur force de combat sur les cavaliers qui venaient au contact d'eux, parmi lesquels se trouvaient Témüjin et Mu'Iwayya. Bien que cette victoire décisive ouvrit grande la route de Lo Tung à Témüjin Khan et à ses Paynims, elle était pour le moins amère et pleine de fiel.

Mais la horde était encore nombreuse, et il n'était dans les intentions ni de Témüjin Khan ni de Mu'Iwayya de faire demi-tour et de renoncer si près du but. Dans une dernière et terrible cavalcade, le grand Khan mena ses hommes droit sur la capitale de ce royaume sans nom, chevauchant tout le jour durant, et parfois la nuit aussi, passant à portée de villages et de communautés ébahies de la présence de ces "barbares", et de leur attitude également.
Car Mu'Iwayya était un homme de bien, et si le massacre d'une armée ennemie en temps de guerre était un mal nécessaire, tout au moins pouvait-il s'arranger pour payer sur sa fortune, par ailleurs considérable, les tonnes de nourritures que la horde engouffrait dans chaque village.

La horde parvint finalement aux abords de la capitale de ce royaume gigantesque, Lo Tung. Et à leur grande surprise ils n'eurent pas là à combattre ni même à affronter une foule hostile, puisque la cité était en pleine révolte contre la dynastie dirigeante. Le maître du royaume, connu sous le titre de "wang", abdiqua alors en faveur des envahisseurs, qui furent perçus par les masses paysannes comme de véritables libérateurs.
C'est ainsi qu'une troupe d'à peine cinq mille cavaliers put prendre le contrôle d'une nation peut-être mille fois plus nombreuse. Cela se passait au 2233ème Rang de la Hiérarchie Baklunienne, après deux années de course effrénée en des terres inconnues et hostiles.
Dès lors, étant enfin parvenu au terme de leur chevauchée, Mu'Iwayya put se lancer corps et âme à la réalisation de l'oeuvre de sa vie. Mais Témüjin Khan dut quand à lui continuer à guerroyer, afin de mater diverses rebellions de seigneurs féodaux. Au cours des six années qui suivirent, il continua à parcourir le vaste pays qui était désormais sien, écrasant sans pitié les insurgés féodaux. Il réforma l'ancien royaume féodal en un empire uni, certes autocratique et despotique, mais dans lequel les masses paysannes, formant plus de 95% de la population, virent leurs libertés et leur niveau de vie s'améliorer sans cesse. Nombres de groupes religieux autrefois persécutés virent également en lui un homme éclairé, puisqu'il destitua la religion d'état, seule accepté jusqu'alors, pour accepter sur un plan d'égalité toutes les croyances.

Pendant ce temps, Mu'Iwayya travailla d'arrache-pied à la concrétisation de ces visions passées. Aidé des meilleurs savants et artisans du nouvel empire, qui étaient fort avancés dans leurs sciences, et des enseignements de son défunt Maître Arish, il passa trois années à rechercher les composants les plus purs, à les purifier encore, et à confectionner ces objets grâce auxquels son nom restera connu jusqu'à nos jours : la Coupe et le Talisman d'Al'Akbar.
Mais à peine eut-il terminé son oeuvre qu'il présentît que le moment était venu pour lui de regagner ses terres natales, de nouvelles visions de mort et de destruction le hantant depuis peu.
De plus une partie des Paynims se lassaient de la vie fastueuse mais oisive de ce lieux, Témüjin Khan préférant s'appuyer sur son armée impériale, composée de natif, pour combattre les insurgés.

Mais Témüjin justement ne montrait aucun signe d'une quelconque envie de retourner chez lui, préférant visiblement régner en ce lieu. Il comprit cependant les besoins de nombre de ses frères, et après de longues festivités, il fit ses adieux à Mu'Iwayya et aux quelques trois mille des cavaliers qui choisirent de l'accompagner.
Plus rien n'est connu de Témüjin Khan avec certitude depuis cette date, même si les légendes parlent d'un immense Empire Céleste, dont la capitale impériale Lo Tung serait un centre de richesse et de civilisation dans tout l'occident. Mais peut-être n'est-ce là qu'une légende de plus ?

Mu'Iwayya conduisit personnellement ses frères d'adoption à travers les terres inhospitalières des humanoïdes du nord, mais ceux-ci ne s'étaient pas encore remis de la trace de sang qu'avait laissée le premier passage de la horde. Malgré quelques combats sporadiques, tous aisément remportés par les nomades, la horde poursuivit son chemin sans réelles difficultés. Le retour sur les terres Bakluni s'avéra aussi aisé.
Mu'Iwayya appris à Urfa'Khanyia que depuis l'année précédente, la guerre contre les Sulois avait pris des proportions démesurées. Depuis que les troupes du Caliphe avaient pénétré dans les provinces du nord de l'Empire Sulois, étrangement peu défendues. Presque tous les hommes de troupe avaient été envoyés au front, et le Caliphe semblait juger que si un danger quelconque devait apparaître de l'ouest, les milices locales seraient en mesure de les circonscrire. Car la guerre, cette guerre qui faisait rage entre les deux empires depuis soixante ans, était sur le point d'être gagnée, tous les Bakluni en étaient sûrs.

Mais Mu'Iwayya savait bien qu'il en serait autrement. Réalisant qu'il n'avait plus un seul instant à perdre, il prit la tête de ses cavaliers et les ramena sur leurs terres natales. Puis, accompagné d'une centaine de volontaires, il entreprit une périlleuse chevauchée à travers tout le Caliphat, passant de ville en village afin d'avertir les populations du danger imminent, tout en évitant les grandes cités où les Gardes Noirs du Caliphe l'attendraient certainement.
Il n'eut dans un premier temps que bien peu de succès malgré l'ardeur de sa conviction. Mais ce faisant il voyait également les ravages que provoquaient la guerre contre l'Empire Sulois parmi les basses couches de la population, écrasées d'impôts. Tout naturellement pour son âme généreuse, Mu'Iwayya commença alors à distribuer sa fortune aux pauvres et aux paysans, aux éleveurs et aux esclaves. Ce qu'il en restait fondit comme neige au soleil, mais incidemment cela lui valu une réputation favorable au sein du peuple, et cette réputation lui permit de se faire entendre un peu mieux chaque jour.
Mais c'est surtout lorsque ses cavaliers et lui commencèrent d'abord à échapper aux Gardes Noirs, puis à les ridiculiser, et enfin à les battre ouvertement, que le peuple s'acquit entièrement à sa cause. Enfin, lorsqu'il utilisa les dons de sa Coupe et de son Talisman en faveur des plus défavorisés, les rumeurs sur son compte circulèrent comme un feu de poudre dans tout le Caliphat.
Chacun parlait, en termes divers, de cet homme qui osait défier l'autorité du tout-puissant Caliphe, qui ridiculisait ses Grades Noirs tant craints et haïs, qui accomplissait moults miracles pour les malades et les démunis, et qui leur donnait sa fortune.
Malheureusement pour lui, il prédisait la mort de tous, et pour lui la cause en était la Sainte Guerre les opposants aux Sulois.

Mu'Iwayya gagna un petit nombre d'adeptes, mais ne parvint jamais à convaincre une grande foule des siens de la justesse de ses propos. Du moins jusqu'à ce fatidique 2238ème Rang de la Hiérarchie Baklunienne.

Se préparant au cataclysme à venir, Mu'Iwayya et les siens firent route vers les terres des Paynims, afin d'échapper à la mort certaine qui attendait les Bakluni, et pour en protéger les tribus nomades.
Mais alors qu'ils passaient non loin des dernières grandes villes Bakluni avant les hautes terres des Paynims, les Cités Jumelles, Yuraman et Yisadan, ils furent interceptés par une grande force de soldats du Caliphe. En effet celui-ci s'était finalement décidé à les retirer du front pour mater définitivement ces rebelles.
Confrontés à une force largement supérieure en nombre, et sachant qu'ils ne pourraient pas fuir sans abandonner les adeptes de Mu'Iwayya qui ne possédaient pas de chevaux, les vaillants nomades et leurs compagnons se préparèrent à livrer leur dernier combat. Mais alors que les hommes du Caliphe approchaient calmement, sûrs de leur force, Mu'Iwayya prit la parole devant tous ses compagnons, et il enflamma tant leurs coeurs, il éleva tant leurs âmes, il réveilla tant leurs espoirs, que tous entonnèrent alors d'une même voix un chant d'honneur et de victoire. Puis ils s'alignèrent, et marchèrent d'un même pas résolu et déterminé vers leurs adversaires, visiblement prêts à se battre jusqu'à la mort. Les soldats furent certes interloqués par cette attitude, puis impressionnés par une telle volonté, mais ils ne défaillirent pas pour si peu, et s'apprêtèrent, non sans peine, à exterminer leurs frères de sang.

C'est alors que l'un des Grands Capitaines fit charger ses cavaliers, surprenant hommes de pieds et généraux. Et à la surprise générale, aussi bien des hommes du Caliphe que de Mu'Iwayya et de ses compagnons, les cavaliers stoppèrent net à peu de distance des insurgés, et leur Grand Capitaine, Amhara, se fit connaître.
Amhara, l'homme qui couvrit la fuite de Mu'Iwayya lors de exécution d'Arish.
Amhara, qui protégea certains des capitaines félons, assurant qu'ils étaient en mission pour lui afin qu'ils ne soient pas condamnés à mort pour leur étrange absence.
Ahmara, ami d'enfance et meilleur allié de Mu'Iwayya avec Témüjin Khan.
Ahmara, qui, obéissant aux dernières instructions de Mu'Iwayya avant qu'il ne "trahisse", avait attendu son retour, et dans l'entretemps avait recruté à leur cause bon nombre d'hommes, ces hommes qui en ce jour étaient alignés devant lui. Ensembles, ils prêtèrent serment de fidélité à Mu'Iwayya, le reconnaissant eux aussi comme leur guide spirituel.
Et cela ébranla la confiance des soldats du Caliphe, qui se sentirent défaillir à la vision de ce spectacle.

Les Imeyyades, nom donné aux partisans de Mu'Iwayya, étaient certes toujours surclassés par le nombre, mais désormais la certitude de la victoire finale était dans leur camp. Ils s'avancèrent donc à nouveau, et cette fois les soldats purent lire la joie sur leurs visages, une joie sereine, mais mortelle.
Ce ne fut plus qu'une question de secondes avant que les premiers soldats ne commencent à déserter les rangs de l'armée Abajamite (le nom de la dynastie dont faisait partie l'actuel Caliphe Talna bin Namesh). Dès lors, le sort de la bataille était réglé d'avance, et la victoire des Imeyyades fut totale, les soldats du Caliphe se faisant exterminer, hormis les fuyards et ceux qui se rendirent.

Les hommes de Mu'Iwayya investirent par la suite les Cités Jumelles, où ils trouvèrent repos et réconfort, accueillis avec enthousiasme par les populations qui avaient pu voir toute la bataille. Mais de repos ils n'eurent pas en ce jour maudit. En effet ce jour, celui du Second Equinoxe de ce 2238ème Rang de la Hiérarchie Baklunienne, fut celui-là même que choisirent les Mages de Pouvoir Sulois pour faire s'abattre la Dévastation Invoquée.

Utilisant l'un de leurs artefacts créé un siècle plus tôt, le Broyeur des Destinées, et sacrifiant toute leur puissance, jusqu'à leurs vies et leurs esprits, ils contactèrent par des moyens inconnus le Dieu Noir, Tharizdun lui-même, et avec sa permission et son aide, ils conjurèrent et lancèrent sur le Caliphat Bakluni le Chaos Rampant, la Mort Qui Marche, les Ténèbres Vivantes. Ils relâchèrent sur le Caliphat toutes les Hordes de la Géhenne.
En une unique nuit, ce que devait durer leur présence en notre monde, les innombrables Hordlings, ces créatures du Mal Infini tirant leur origine du pur Chaos, rasèrent l'intégralité du Caliphat Bakluni, exterminèrent tous et chacun de ses habitants, et emmenèrent en leur monde de cauchemar les âmes des milliers de défunts.

Seules les Cités Jumelles eurent un sort plus appréciable, grâce à la présence de Mu'Iwayya. En cette nuit maudite, lorsque les hordes galopantes s'approchèrent des cités, il était déjà au sommet de la muraille extérieure de Yuraman, attendant ses ennemis armé de sa Foi, de sa Coupe et de son Talisman. Il n'eut pas le moindre moment de repos avant que le soleil ne se lève enfin, et encore le trouva-t-il vidé de toute force vitale, dépensée sans limite dans son incroyable combat.
Mais aucun des êtres innommables des hordes infernales n'avait pu s'approcher des cités. Toute la nuit durant, sous les regards fascinés et horrifiés des populations des deux villes, les Hordlings vinrent s'écraser vague après vagues sur les murs de pure énergie blanche créés par celui qui, depuis ce jour, sera appelé Mu'Iwayya al'Akbar, ou tout simplement Al'Akbar : le Grand.

Dès lors, c'est Amhara qui prit le commandement des Imeyyades (partisans de Mu'Iwayya) et des Arimites (partisans d'Arish), ainsi que des populations converties des Cités Jumelles. Il fonda dans la large vallée qui abritait les deux villes le Royaume d'Arir, en honneur de leur premier guide spirituel, révélateur de la Foi Unique, Arish ben Alif. Il en devint lui-même le Sultan, premier d'une série de dirigeants Arimites illuminés, tandis que les Imeyyades prenait la direction religieuse du pays.
Et abandonnant à la ruine les derniers vestiges du Caliphat qu'étaient les Cités Jumelles, il fonda Khaïbar la Magnificente, opulente capitale du Sultanat dont les splendeurs ne tardèrent pas à être connues bien au-delà de ses frontières. Et les Infidèles ne tardèrent pas à être attirés par la convoitise des trésors de Khaïbar, dont le Sultan possédait d'après les légendes plus de pierreries qu'il n'y avait d'étoiles dans les cieux; et bien sûr le trésor auprès duquel tous les autres pâlissent : la Coupe et le Talisman d'Al'Akbar.
Mais le nouveau royaume d'Arir était destiné à ne pas connaître une longue période de gloire. En effet les bouleversements géographiques et climatiques provoqués par les Deux Cataclysmes entraînèrent une rapide et irrémédiable désertification de tout le pays. Et à son tour la désertification entraîna à la fois une baisse de la population, une fragilisation du pouvoir du Sultan, et un accroissement du besoin des peuplades nomades voisines à venir prendre les richesses, désormais vitales, d'Arir.

Lors de la Septième Dynastie des Sultans d'Arir, durant le règne du Sultan Amhara (arrière-arrière-arrière-arrière-petit-fils du premier Sultan), des envahisseurs infidèles pénétrèrent en masse le Sultanat depuis l'orient, et refoulant réfugiés et soldats rescapés il fondirent sur Khaïbar. La Coupe et le Talisman d'Al'Akbar étaient les plus grands des trésors d'Arir, et le Sultan se devait de les protéger à tout prix. C'est pourquoi il les cacha, ainsi qu'une grande partie du trésor, en un lieu connu de lui seul, un endroit sûr, entourés de gardes et de protections aussi bien organiques et mécaniques que mystiques.
Les envahisseurs furent stoppés aux pieds des murs de Khaïbar, et de là refoulés hors de ce qu'il restait du royaume. Mais le Sultan, dernier de sa lignée, mourut tragiquement au plus fort du combat. Khaïbar et le Sultanat d'Arir tout entier ne se remirent jamais de la perte cumulée du trésor royal, de leur Sultan, et de tout prestige, disparu après que tous aient apprit que la Coupe légendaire et son Talisman demeuraient introuvables.

Le Sultanat se désintégra et Khaïbar acquis rapidement la réputation qu'elle a possédé jusqu'à sa fin : un lieu de violence et de vilenie. Khaïbar disparu quelques siècles plus tard, alors qu'une étrange épidémie frappait toutes les terres de l'ancien Arir. Nul n'était en mesure de stopper cette épidémie, ni même de ralentir les effets de la maladie, que chacun considérait comme surnaturelle. Les anciens et les sages de la Foi Unique surent alors que seuls la Coupe et le Talisman de leur Saint Héros pourraient désormais sauver Khaïbar et sa population. Ils mandatèrent un petit groupe d'hommes pour accomplir ce en quoi nombres d'autres avait échoué au cours des siècles passés : retrouver les Saints objets.
Les dernières annales connues de Khaïbar mentionnent la réapparition de la Coupe et du Talisman d'Al'Akbar, et l'arrêt de l'épidémie également grâce à leur utilisation. Puis il semble que l'un de ces hommes qui aidèrent à les retrouver les déroba avant de s'enfuir. Dans l'année qui suivit, Khaïbar était une ville morte, le peu de ce qui restait de population partie, de dégoût et de désespoir pour certains, à la recherche du voleur et des Saintes Reliques pour d'autres.

Nul ne sut vraiment ce qu'il advint du voleur, un certain Horak, se faisant appeler le Profond, adjectif qu'il utilisait bien évidemment au sens figuré dans sa mégalomanie. Mais il est certain que ses poursuivants ne le retrouvèrent pas.
Horak passa en fait les dix années suivantes à fuir éperdument à travers les Steppes Arides afin d'échapper à ses poursuivants, finissant pas se perdre dans les Monts Sulhaut. De là il passera, sans le vouloir, sur les anciennes terres de l'Empire Sulois, dans l'actuelle Mer des Poussières, qu'il quittera presque aussitôt, préférant affronter des fanatiques enragés plutôt que les monstruosités de ce lieu maudit.
Par chance, il parvint encore à éviter les Imeyyades le recherchant, et dans un état déplorable, au bord de l'épuisement physique et mental, il parvint par hasard au abords du pays de Ket. Là, ayant d'ores et déjà en partie perdu la raison, il vendit le Talisman d'Al'Akbar, en tant que "simple" collier, à un marchand Oéridien de passage pour quelques dizaines de pièces d'or. Avec cette immense fortune, il s'offrit un festin de roi à la Grande Zawiya* de Lopolla (en Ket), dévorant avec avidité les plats plus fastueux et copieux les uns que les autres qui lui étaient présentés. Le lendemain matin, il était mort de congestion.

Le patron de la zawiya, Zahüri, par ailleurs fort marri de retrouver l'un de ses clients mort dans son établissement, trouva en la Coupe d'Al'Akbar une suffisante compensation...
Réalisant sans difficulté la valeur marchande de la Coupe, il la tint cachée durant nombre d'années, allant la contempler et l'admirer de plus en plus souvent, comme l'avidité et une irraisonnée passion s'insinuaient lentement en lui. Zahüri, qui était déjà d'un naturel envieux et possessif, fut finalement gagné par la paranoïa, persuadé qu'il était devenu que chacun de ses clients ne venaient en son établissement que pour lui voler son trésor.
Son attitude attira peu à peu l'étonnement de ses amis et de sa nombreuse famille, et lui valut finalement la suspicion et l'attention des hommes de Fartak'Azik, qa'id* du monde officieux de la ville. Il ne leur fallut que quelques jours pour comprendre qu'il cachait quelque chose de grande valeur, et pour s'en emparer. L'on retrouva Zahüri tué un matin, mais surtout l'on retrouva également divers dessins représentant la Coupe dans sa chambre. Et à partir de là, il ne fut pas difficile de comprendre pourquoi il avait été tué, ni par qui. Et la Coupe ayant été reconnue pour ce qu'elle est, l'affaire fit grand bruit à Lopolla.

Durant plusieurs semaines les brigands de Fartak'Azik et les hommes du Bey jouèrent au chat et à la souris, sans grand succès pour les officiels. Cette chasse à l'homme urbaine aurait pu durer longtemps, mais les gardes du Bey retrouvèrent un jour les corps de Muhad al'Barak (le Chanceux) et des cinq autres lieutenants de Fartak'Azik, bien évidemment morts, leurs gorges ouvertes d'une oreille à l'autre. Une rumeur persistante fit dès lors mention d'une secte extrêmement secrète, nommés les Gardiens de la Foi, ou as-Azins*. Il semble que cette secte ait été à la recherche de la Coupe également, mais aussi qu'elle ait été nettement plus efficace que le Bey.
Malheureusement pour elle, Fartak'Azik, ayant senti le vent tourner, avait déjà quitté la ville.

Le hasard voulu que, s'échappant pour sa survie, Fartak'Azik prenne la direction des terres méridionales, et plus précisément du royaume suderon appelé Fehron (la Vice-Royauté de Furyondy). Or c'est précisément là que vivait et opérait principalement Isander Murin, ce marchand qui acheta le Talisman à Horak quelques années plus tôt.
Connaissant la valeur exacte de ce qu'il avait en mains, Fartak'Azik ne pouvait se résoudre à vendre la Coupe à l'un des clergés Oéridiens, mais sachant que sa vie serait en danger tant qu'il la possèderait, il chercha discrètement à la monnayer.

Isander Murin, quand à lui, avait accumulé une fortune considérable en faisant sa spécialité du négoce entre le Grand Royaume d'Aerdy et les nations occidentales, obtenant même un monopole royal sur l'acheminement des soieries et épices de ces lointaines nations. Il avait de plus, par l'intermédiaire de quelques associés et hommes de paille, la mainmise sur toutes les caravanes venant de Ket.
C'est tout naturellement que Fartak'Azik contacta Isander Murin, certainement l'homme le plus riche de toute la Vice-Royauté de Furyondy et grand amateur de tout ce qui est Bakluni, et lui proposa la Coupe d'Al'Akbar. Pour en tirer la plus forte somme possible, il alla même jusqu'à lui parler de la nature religieuse de la Coupe, et lui conta les légendes que son peuple associait à cet objet, ainsi qu'à un légendaire talisman qui allait de paire avec lui.
Réalisant rapidement que ce collier qu'il avait acheté pour une misère quelques années plus tôt, et offert à celle qui était devenu sa femme, était peut-être le Talisman dont on lui parlait, Isander Murin engagea un spécialiste pour procéder à quelques vérifications sur les deux objets. Puis assuré de leur authenticité, il paya à Fartak'Azik le prix fort pour obtenir la Coupe. Celui-ci s'éloigna encore de Ket et parti couler des jours heureux sur la Côte Sauvage.

Isander Murin avait pour sa part une idée bien précise en dépensant une fortune pour acquérir la Coupe. La Vice-Royauté étant établie depuis seulement trois années, elle était encore en pleine organisation, et devait même encore mater quelques derniers foyers de rébellion. Il savait fort bien que dans les deux à trois ans à venir le Vice-Roy ferait nommer un gouverneur pour la province occidentale de Voll (Véluna), et ce poste de gouverneur il le lui fallait.
Non seulement cela lui permettrait d'entrer au sein de cette noblesse dirigeante, mais de plus il voyait déjà, en commerçant hors pair qu'il était, les bénéfices que cela lui rapporterait. Outre la perception de "baksheesh"* comme les appelait les Ketites et le détournement de quelques taxes, cela lui ouvrait surtout la voie du commerce avec le Royaume de Kéoghland, pour lequel il entrevoyait déjà d'obtenir un nouveau monopole.
Il se décida donc à aller frapper à la meilleure porte pour obtenir ce poste : le Roi des Rois lui-même. Il se résolut donc au long voyage jusqu'à Rauxès, emmenant avec lui les deux précieux objets. Il s'était arrangé, pour ne prendre aucun risque dans ces contrées malgré tout dangereuse, pour se faire embarquer à bord du navire royal qui régulièrement partait pour Rauxès afin de tenir le Roi des Rois informé de l'évolution des évènements, et aussi lui faire parvenir une partie des taxes.

Malheureusement pour lui il ne fut jamais nommé Gouverneur, tout simplement parce qu'il n'arriva jamais à destination. Alors qu'il s'apprêtait à rejoindre le navire royal, il reçut ce légendaire "Sourire de la Mort" dont les as-Azins gratifiaient leurs victimes. La secte avait retrouvé la trace de leurs Saintes Reliques, pour la perdre immédiatement.
En effet, les malles d'Isander Murin avaient déjà été montées à bord du navire royal, mais les sectataires ne pouvaient y accéder, et le navire, ne pouvant attendre un civil, partit pour Rauxès.
Alors se déroula cet évènement pour le moins étrange et stupéfiant pour qui sait ce que contenait les malles d'Isander Murin. Deux mois après son départ de Dyvar (Dyvers, qui pour la petite histoire signifie "eau profonde" en Oéride), le navire accosta à Chat's Hold, la Loi de la Voix (cette cité, aujourd'hui appelée Chathold, créée par des adeptes de Pholtus, lui fut entièrement dédiée avant l'Hérésie du Pâle), et ses cargaisons transférée sur les caravanes qui termineraient le voyage jusqu'à la capitale. Mais les malles d'Isander Murin, le Capitaine sachant bien qu'il n'était pas monté à bord, furent conservées, et repartirent le mois suivant à Dyvar, où elles arrivèrent cinq mois après l'avoir quitté. Elles y furent rendues à la veuve d'Isander Murin, qui s'étonna de retrouver son collier et de découvrir cette superbe coupe.
Mais le point important concernant cet évènement est que les Gardiens de la Foi, les as-Azins, suivirent la piste des Saintes Reliques en direction de Rauxès.

La veuve Murin vendit de nombreux biens de son époux aux enchères, afin d'assurer l'avenir de ses enfants. Elle garda le collier en souvenir de son défunt époux, mais offrit la coupe en cadeau à ceux vers qui elle s'était tournée depuis sa mort : le clergé de Rao.
Les pacifiques prêtres du Serein Rao objectèrent bien qu'un tel présent avait trop de valeur, mais devant l'insistance de la veuve éplorée ils acceptèrent l'objet, et le conservèrent précieusement près de cent cinquante années sans se douter de ce dont il s'agissait.
En l'Année Commune 254, la Vice-Royauté de Ferrond se déclara libre de l'influence du Royaume décadent d'Aerdy, et au couronnement de Thrommel Ier devint le Royaume de Furyondy. Bien évidemment, cela ne se passa pas sans problèmes.

La Vice-Royauté était la marche occidentale du Grand Royaume, sa frontière avec le Royaume de Kéoland au sud-ouest, et les états Bakluniens au nord-ouest. Pour cette raison, de forts contingents de soldats impériaux étaient stationnés en Furyondy. Et si certains étaient favorables au sécessionnistes, d'autres restaient fidèles au Roi des Rois.
Plusieurs jours durant, des combats eurent lieux dans les rues de Dyvers, de Verbobonc, et de Mitrik, où la Coupe avait été transportée par le clergé de Rao quelques décennies plus tôt.
L'histoire nous apprend que les sécessionnistes eurent finalement raison des loyalistes, mais en marge de ces évènements affectant le devenir de la Flannaesse tout entière, un autre eut lieu, bien moins important pour l'Histoire.
Profitant des troubles dans la ville, un petit groupe de hors-la-loi pillèrent une partie des temples de Mitrik, prenant grand soin de ne voler que les biens matériels "communs", et non les objets de culte, afin de ne pas s'attirer les foudres éternelles de ces clergés. Bien sûr la Coupe se trouvait faire partie de ces biens communs.
Fénor Raneg, le chef de ces voleurs, mena immédiatement sa petite troupe à l'abri de toutes représailles. Il savait fort bien qu'il n'y aurait qu'un endroit où ils seraient véritablement à l'abri de la justice aussi bien religieuse que temporelle des nouveaux états : le Grand Royaume lui-même.

Aussi chevauchant sans perdre de temps Fénor Raneg et les siens gagnèrent la Vice-Royauté de Nehron, de l'autre côté du Nyr Dyv. Désormais en sécurité derrière le front des armées impériales et à la tête d'une fortune considérable, digne d'un prince de sang Oéridien, la petite compagnie s'installa en ces terres pour y vivre d'oisiveté et d'opulence. Et Fénor Raneg fit tant et si bien auprès de la Vice-Royauté qu'il obtint , certains disent acheta, un titre de noblesse.
Le Baron Fénor Oberend (c'est ainsi qu'il se faisait appeler) changea radicalement de vie, et se prit d'une nouvelle ambition : faire accepter sa descendance au sein de la vieille noblesse de la Vice-Royauté en tant que lignée de plein droit. Pour ce faire il réfréna ses ardeurs brigantes, il prit femme au sein d'une famille appauvrie mais d'ancien linéage, et offrit à ses enfants la meilleure éducation que recevaient en ce temps-là les héritiers du Grand Royaume.
Mais il voyait son idéal en la noblesse déjà décadente d'Aerdy, alors que la noblesse de la Vice-Royauté de Nehron croyait encore à de plus pures valeurs. Et il fit de sa cour une reproduction en miniature de ce qu'il en connaissait de celle du Roi des Rois, et il régna sur la population de son domaine, plutôt que de régner pour elle.
De plus sa vie passée de rapines ne le quitta jamais vraiment, et sa réputation en vint rapidement à en souffrir à Rel Mord. Jamais il ne fut accepté par ses pairs, bien qu'il bénéficia de quelques faveurs de la part de Grands Princes Aerdis.

Ce en quoi par contre il réussit parfaitement est l'éducation de ses enfants. Peut-être est-ce d'ailleurs parce qu'il ne s'en occupa nullement. Confiés d'abord à leur mère, ils furent élevés par les meilleurs précepteurs, avant que leur père ne les brise mentalement une fois leur adolescence venue, sous prétexte d'en faire des hommes (des vrais). Seul Filfaer, l'aîné, eut plus de chance, car comme le voulait la tradition il fut envoyé dès son plus jeune âge à la cour de Rel Mord.
Là, comme tous les héritiers des seigneurs de Nehron, il fut élevé par les précepteurs royaux au mieux des vertus Oéridiennes. Et il fut formé à l'art de la chevalerie, au maniements des nobles armes, aux arts, aux sciences de la guerre, à la diplomatie, et à bien d'autres choses encore, dont la moindre n'est pas l'enseignement religieux. Il devint un jeune homme bon, juste et volontaire.
Comme le préconisait une autre tradition, les jeunes gens ayant développé une certaine amitié rentraient chez eux ensemble, en une "tournée" qui permettait à chacun d'eux de présenter leurs terres et surtout leur famille à ses compagnons.
Lorsqu'il revint sur les terres de son père, il fut consterné de se rendre compte de l'état déplorable des communautés de paysans, et même horrifié lorsqu'il vit les gardes personnels du Baron se livrer à ce qu'il ne pouvait considérer comme autre chose que du pillage.
Et ses cauchemars ne s'arrêtèrent pas là, puisqu'il vit de ses yeux vus la cour de son père, toute de richesse, d'opulence et de débauche. Et au beau milieu de tout cela, son Baron de père, entouré par ses compagnons mécréants, qu'il nommaient Garde Personnelle, et serré de près par une jouvencelle qui visiblement eut préféré se trouver ailleurs.
Outré à extrême par ces comportements et tout ce qu'il avait vu jusqu'ici, Filfaer s'avança et prit la parole devant ses compagnons. Son charisme naturel et sa voix assurée et portant haut obtinrent un silence quasi-immédiat, dont il profita pour intimer l'ordre à son géniteur de quitter dans l'heure les terres de la Baronnie, en emmenant avec lui la clique dégénérée qui lui servait de cour.
Il faisait déjà demi-tour lorsque les premières lames furent tirées de leur fourreau, mais les malandrins étaient habitués à bousculer des paysans, et non de jeunes nobles formés au combat. En quelques minutes une dizaine d'hommes gisaient à terre, tués ou blessés : tous des compagnons de Fénor. Rangeant sa lame ensanglantée, Filfaer renouvela son ultimatum, et cette fois-ci nul ne les empêcha ses compagnons et lui de quitter les lieux.

Même s'il savait fort bien ne pouvoir compter sur la populace maltraitée de son fief, Fénor n'entendait pas se laisser ainsi traiter par l'un de ses rejetons, mais à son insu les rares survivants parmi ses compagnons choisirent de quitter les lieux au plus vite, non sans emporter quelques menus objets pour refaire leur vie. Se retrouvant seul, ses anciens compagnons décampant et ses soldats préférant prendre le parti de son fils, Fénor tenta un ultime chantage afin de conserver sa position, ses richesses, son pouvoir.
Il comptait s'en prendre à la vie de son épouse, persuadé que Filfaer renoncerait à le renverser si sa mère devait en mourir. Mais il en fut empêché, alors qu'il forçait l'entrée de la chambre de sa femme, par les jeunes frères de Filfaer. Ceux-ci, rongés par un désir de vengeance longtemps contenu mais enfin libéré par l'action d'éclat de Filfaer, l'assaillirent et profitant de sa surprise le rouèrent de coup, le poursuivant tandis qu'il tentait de fuir la demeure.
C'est alors que Filfaer et ses compagnons revinrent au castel, et le nouveau maître des lieux fut empli de fierté en voyant ses jeunes frères chasser leur père indigne d'eux-mêmes.
Mais alors qu'il roulait à bas des escaliers de la grande salle, poursuivit par ces furies adolescentes, il se releva tant bien que mal et empoigna l'arbalète d'un garde imprudent, regarda ses jeunes fils puis visa Filfaer. Le plus jeune de ses frères, venant tout juste d'entamer sa dixième année, voulut inconsciemment continuer à se venger de ce père brutal et tyrannique, et bien malgré lui il attira son attention.
Celui-ci, se retournant en entendant des pas derrière lui, lâcha dans le même mouvement son carreau, qui transperça le jeune garçon de part en part. Fénor mourut avant son benjamin, la tête tranchée par la lame de Filfaer, mais l'enfant ne put être sauvé, ce jeune frère que Filfaer n'avait jamais eut l'occasion de connaître et qui mourut dans ses bras, heureux de voir enfin son "grand frère".

Bien sûr, pour l'histoire qui nous concerne, la Coupe d'Al'Akbar avait été emportée par les hors-la-loi de Fénor, désormais menés par son second, un dénommé Gorodin. Il traversèrent le fleuve Artonsamay et se cachèrent dans les contrées s'étendant au nord de ce dernier, parfois appelées les Libres Terres du Nord.
Ils reprirent, par la force des choses, leur vie de brigandage et de rapine, et ils s'en tirèrent plutôt bien, Gorodin se retrouvant malgré son âge avancé, ou peut-être grâce à lui, à la tête d'une petite troupe fort compétente. Ils vécurent ainsi plusieurs années en s'en prenant aux petites communautés plus ou moins isolées et se cachant après chaque opération.
Mais un jour vint où Gorodin eut la possibilité de mettre en exécution un plan qui lui trottait dans la tête depuis quelques années : attaquer de front et piller la bourgade de Stoer Mink (littéralement la "vache à lait", en référence au fait que cette petite région a toujours contribuée à nourrir les terres environnantes), aujourd'hui appelé par contraction Stoïnk.
Il parvint à s'allier (temporairement s'entend) à trois autres chefs de bande, afin d'unir leurs forces en vue de ce coup majeur. Ils parvinrent d'ailleurs si bien, si efficacement, à prendre le bourg que l'un de ces chefs parvint finalement à convaincre les autres, de gré ou de force, de ne pas le piller, mais au contraire d'en tirer profit à long terme. C'est ainsi que le jeune Karimen Konbarr devint le tout premier d'une longue série de "Rois-Bandits".

Pendant ce temps, la veuve d'Isander Murin, qui avait conservé le collier offert par son époux (le Talisman), le transmis à sa fille en héritage, qui elle-même le transmis à sa propre fille. Le Talisman d'Al'Akbar était devenu un véritable bijou de famille se transmettant de génération en génération, jusqu'à ce que l'une de ses descendantes n'épouse un jeune nobliot de la partie orientale des Terres Libres du Nord, le Baron Wilo de Clairval.
Cette région avait de tout temps refusé la soumission au Grand Royaume d'Aerdy, qui fort heureusement pour eux ne s'était jamais réellement intéressé à ces contrées. Mais ils ne s'étaient jamais organisés non plus en se donnant un pouvoir central.
Or le Baron Wilo de Clairval, son épouse et l'enfant qu'elle portait, ainsi que nombre de ses gens, comptèrent parmi les trop nombreuses victimes de ces "Rois-Bandits" de l'est, et plus précisément du Maître Korimin Konnbar, le fils adoptif du premier Maître de Stoer Mink.

Enfin, après quelques deux cent dix années de séparation, le Talisman et la Coupe d'Al'Akbar se retrouvaient. Entré en possession des deux Saintes Reliques, Koromin Konbarr découvrit leur réelle valeur, et leur utilité également. Il ne se passa dès lors pas une seule génération sans que le Maître de Stoïnk ne remercie les Dieux de posséder ces Saintes Reliques, qui servent toujours aujourd'hui fidèlement aux intérêts du seigneur de la ville.
Toutefois le Maître actuel, Dhaelhy, commence à douter du réel bienfait de ces objets. En effet, au cours des quelques dernières années il a échappé, de justesse, à trois tentatives d'assassinat. Or chacun des assassins portait un tatouage très élaboré, représentant le pendentif du Talisman. La secte séculaire des as-Azins a retrouvé la piste de leurs deux Reliques Saintes, et sont décidés à ne plus la lâcher.

Résumé chronologique :

5012 DS : Zunid ad-Zol est proclamé "Empereur des Peuples Sulls"; les Bakluni retirent leur ambassadeur de l'Empire Sulois.
5031 DS : Commencement de la "Grande Guerre", ou "Guerre Impériale".
5031 DS : La Sainte Prophétesse Devrah d'Istus prédit que les terres des Sulois seront lavés "aussi pures que le désert".
5068 DS : L'Année des Prophètes. Sept différents prophètes prédisent la destruction de l'Empire Sulois dans les 30 années à venir. L'Empereur les fait tous noyer et écarteler.
5068 DS : Arish ben Alif, un Prophète errant, qui prédit la destruction du Peuple Bakluni. Le Caliphe Namesh bin Jamish ordonne alors l'arrestation d'Arish, mais il parvient à s'échapper.
5068-5073 DS : Arish hante les extrémités occidentales des terres Bakluni, et parvient à convaincre six familles du désastre approchant qui émigrent pour l'est.
5073 DS : Arish rencontre dans les plaines du ponant les nomades y vivant, cousins des Bakluni ayant refusé la "civilisation".
5073-5083 DS : Arish propage sa parole de Prophétie et convertit leurs diverses tribus à son idée. Elles forment la secte des Arimites.
5084 DS : Arish ben Alif est à nouveau condamné à mort, et exécuté.
5084 DS : Mu'Iwayya vole le Khoyn'Ur et la Larme d'Istus.
5085 DS : Mu'Iwayya rejoint les nomades Paynims de Témüjin Khan.
5085 DS : La Grande Chevauchée de Témüjin Khan et des Paynims.
5086 DS : Bataille de la Terre Rouge, où la horde des Paynims massacre des milliers d'humanoïdes.
5087 DS : Batailles de la Pluie de Fer et du Val de Mort, où les Paynims anéantissent les armées du "royaume sans nom".
5087 DS : Le "wang" de Lo Tung, capitale du royaume sans nom, abdique en faveur de Témüjin Khan.
5088-5091 DS : Mu'Iwayya créée la Coupe et le Talisman d'Al'Akbar.
5091-5092 DS : Mu'Iwayya et la moitié des Paynims retournent sur les terres des Bakluni. Témüjin Khan règne sur Lo Tung et son empire sans nom. Une partie des nomades quitte la capitale et s'exilent dans le nord du royaume, retournant à leur mode de vie millénaire.
5092-5094 DS : Mu'Iwayya et une centaine de volontaire Paynims parcourent tout le Caliphat pour prévenir les populations du désastre approchant. Mu'Iwayya dilapide sa fortune pour aider les plus démunis, et utilise les pouvoirs de sa Coupe et de son Talisman pour soulager leurs maux.
5094 DS : Les Deux Cataclysmes s'abattent lors du Second Equinoxe : la Dévastation Invoquée s'abat sur la grand Caliphat Bakluni, tandis que la Pluie de Feu Sans Couleur réduit l'Empire Sulois à néant.
5094 DS : Grâce à sa Coupe et à son Talisman, Mu'Iwayya sauve les populations des Cités Jumelles de Yuraman et Yisadan des Hordes de la Dévastation Invoquée. Il gagne ainsi son surnom d'Al'Akbar, le Grand, mais en meurt.
5095 DS : Création du Sultanat d'Arir par Amhara, regroupant et unissant les Arimites et les Imeyyades. La Coupe et le Talisman d'Al'Akbar deviennent leurs reliques les plus sacrées. Les Arimites sont les chefs temporels du Sultanat, tandis que les Imeyyades en sont les guides spirituels.
5305 DS : Des infidèles envahissent le riche Sultanat d'Arir, avançant jusqu'aux portes de Khaïbar, sa capitale. Ils sont repoussés mais le dernier Sultan meurt, emportant dans la tombe le secret de la cache de la Coupe et du Talisman d'Al'Akbar.
5306-5599 DS (-210 à 84 AC) : Régence sous l'autorité du Bey, qui ne règne quasiment que sur Khaïbar, ayant perdu toute influence sur le reste du Sultanat.
5597 DS (82 AC) : Une terrible épidémie frappe Khaïbar et s'étend sur les anciennes terres du Sultanat. La région est mise en quarantaine forcée par ses voisins.
5598 DS (83 AC) : Un groupe d'homme retrouve la Coupe et le Talisman d'Al'Akbar, sous l'impulsion des Imeyyades. L'épidémie est stoppée grâce aux pouvoirs mystiques des Saintes Reliques.
5599 DS (84 AC) : Vol des Saintes Reliques par Horak le "Profond", l'un des hommes les ayant retrouvé.
5600 DS (85 AC) : La ville de Khaïbar se vide de sa population, et disparaît pour toujours.
5599-5609 DS (84-94 AC) : Errances d'Horak dans le désert. la folie le gagne.
5610 DS (95 AC) : Horak parvient en Ket. Il vend le Talisman en tant que "simple" bijou pour quelques pièces d'or à un marchand Oéride, Isander Murin. Il meurt de congestion dès le lendemain.
5610-5618 DS (95-103 AC) : Zahüri, le logeur d'Horak, découvre la Coupe dans sa chambre; il la garde pour lui.
5610-5620 DS (95-105 AC) : Isander Murin offre le Talisman à sa future épouse en cadeau de mariage. Il développe une fortune considérable, et obtient un monopole royal (d'Aerdy) pour le commerce avec le Ket.
5618 DS (103 AC) : Fartak'Azik, voleur Ketite, tue Zahüri pour s'approprier la Coupe. Il finit par fuir Ket avec elle avant que les choses ne tournent trop mal pour lui.
5620 DS (105 AC) : Fartak'Azik, cherchant à vendre la Coupe pour prendre une retraite dorée, entre en contact avec Isander Murin. Il lui apprend l'histoire de la Coupe d'Al'Akbar et d'un Talisman associé pour en tirer davantage. Isander Murin dépense une fortune pour la Coupe, sachant qu'il détient d'ores et déjà le Talisman.
5621 DS (106 AC) : La Coupe et le Talisman font voile pour Chat's Hold (Chathold) mais reviennent à Dyvar (Dyvers).
5621 DS (106 AC) : La veuve d'Isander Murin retrouve son collier de mariage (le Talisman), mais fait don de la Coupe à son culte, le clergé de Rao.
5621-5810 DS (106-295 AC) : Les descendantes d'Isander Murin se transmettent le Talisman de mère en fille, en tant que bijou de famille.
5621-5769 DS (106-254 AC) : La Coupe d'Al'Akbar reste presque 150 ans sous la garde sous la garde des Prêtres de Rao, qui ignoraient tout de sa réelle identité.
5769 DS (254 AC) : Fénor Raneg et ses hors-la-loi pillent plusieurs temples de Voll (Véluna), et emportent entre autre la Coupe d'Al'Akbar.
5770 DS (255 AC) : Fénor Raneg et ses hommes trouvent refuge en la Vice-Royauté de Nehron (Nyrond). Raneg obtient (achète ?) un titre nobiliaire mineur, sous le nom de Fénor Oberend.
5774 DS (259 AC) : Fénor Oberend épouse l'héritière d'une ancienne famille noble appauvrie.
5795 DS (280 AC) : Filfaer Oberend chasse les brigands de la Baronnie familiale, et tue son père Fénor. Il devient le nouveau Baron Oberend.
5795 DS (280 AC) : Gorodin, le bras droit de Fénor depuis 30 ans, fuit avec la Coupe et d'autres trésors par-delà l'Artonsamay. Il reprend une vie de brigandage.
5801 DS (286 AC) : Gorodin Karimen Konbarr et deux autres chefs brigands s'unissent pour prendre le bourg de Stoer Mink (Stoïnk). Karimen Konbarr devient le "Maître" de Stoer Mink, le premier des "Rois-Bandits".
5807 DS (292 AC) : L'une des descendantes d'Isander Murin épouse le Baron Wilo de Clairval, jeune noble des Libres Terres du Nord (actuel Pays Bouclier).
5810 DS (295 AC) : Karimen Konbarr, Maître de Stoïnk, tue les Clairval et découvre le Talisman d'Al'Akbar au cours d'un raid sur leur baronnie. Il prend conscience des pouvoirs des deux objets.
Les Maîtres successifs de Stoïnk sont parvenus à conserver et à se léguer (plus ou moins volontairement) la Coupe et le Talisman d'Al'Akbar. Les Saintes Reliques se trouvent toujours en la possession du Maître actuel, Dhaelhy.

Les Pouvoirs des Saintes Reliques :

Une personne possédant le Talisman, la Coupe, ou les deux Saintes Reliques ne sera pas immédiatement consciente des pouvoirs de ces objets. Il n'y a en fait que trois possibilités pour cela :


La Coupe d'Al'Akbar :

Pouvoirs Mineurs :
Effet Néfaste :
Le Talisman d'Al'Akbar :

Pouvoirs Majeurs : Effet Néfaste : Les Pouvoirs Combinés :

Pouvoir Ultime : Effet Secondaire : Capacité Supplémentaire (b) :

Si un Prêtre (d'alignement Neutre ou Bon), un Paladin ou un Ranger possède les deux Saintes Reliques, il lui est possible de remplir la Coupe d'Eau Bénite, et d'y immerger le Talisman en un rituel complexe, et ce pour créer un liquide enchanté, déterminé ainsi :

1-5Potion de Guérison
6-10Potion de Supra-Guérison
11-15Baume Anti-Poison
16-17Onguent de Guérison des Maladies
18-19Elixir de Guérison de la Malédiction
20Huile de Rappel à la Vie

Notes :
1- Cet effet néfaste ne s'applique que si l'utilisateur est d'un alignement Neutre ou Mauvais.
2- Cet effet ne s'applique que si l'utilisateur est d'alignement Mauvais.
a- Ce pouvoir ne peut être utilisés que par des personnes d'alignement Bon ou Neutre.
b- Ces pouvoirs ne peuvent être utilisés que par des personnes d'alignement Bon.
c- Ces pouvoirs ne peuvent être utilisés que par des personnes d'alignement Loyal Bon.

Se Libérer des Saintes Reliques :

Il faut désormais différencier deux cas possibles : soit l'utilisateur est d'alignement Mauvais, soit il ne l'est pas.


Le Destin d'Al'Akbar :

Comme chacun le sait aujourd'hui, à la suite de ses nombreux exploits, et en particulier la défense des Cités Jumelles, Al'Akbar accéda au statut divin. Il est désormais (comme indiqué dans le "Player's Guide to Greyhawk") un Demi-Dieu, dont les sphères d'influences sont la Protection et la Défense, la Foi et la Conviction, le Devoir et l'Abnégation.
Il a ainsi rejoint Zuoken et Xan Yae au rang des mortels Bakluniens élevés au statut divin de part leurs actions.

Les Gardiens de la Foi :

La secte des as-Azins (ou assassins en notre bon vieux Commun), est très restreinte, ne comptant probablement que quelques dizaines de membres aujourd'hui, répartis de par le monde. Mais elle est aussi, et surtout, extrêmement efficace, comme le prouve leur poursuite de leurs Saintes Reliques.
Il savent aujourd'hui où ces objets se trouvent, et si les tentatives pour les reprendre en douceur (c'est ainsi qu'ils voient leurs assassinats) échouent, il est probable qu'ils tenteront de lancer une Guerre Sainte (Jihad !) afin de les récupérer de force. Mais il est peu probable qu'une telle Guerre Sainte se déclenche, à moins qu'elle ne vienne du nord (Nomades du Loup et du Tigre). Bien plus grandes sont les chances pour qu'ils parviennent enfin à assassiner le Maître Dhaelhy, et récupèrent par eux-mêmes leurs Saintes Reliques.
Libre à chacun de décider ce qu'il en sera.


Notes :


Cet article est librement basé sur la Chronologie du Monde de Faucon-Gris de Len Lakofka et le scénario "Day of Al'Akbar" d'Allen Hammack, qui sont © TSR Inc.
Un grand merci à Len Lakofka pour sa superbe Chronologie, qui ne peut qu'enflammer l'inspiration et l'imagination de chacun.
Et surtout un grand merci à Gary Gygax. Un jour prochain à Paris...