CARNET DE VOYAGE DU PERE NESTOPHIDIUS DE VALKUIRIES

par J.C. Fresnais



Vous qui lisez ces quelques lignes, dans ce carnet dont j'ai fais don, à la grande bibliothèque du Temple Noir de Liman, sachez mes frères, quelles sont le récit de ma vie, jusqu'à mon arrivée en votre sein et la lutte que je mènes actuellement aux côtés de mes compagnons pour notre survie et celles de nos lignées.

Confortablement assis dans ces splendides jardins, du château de cette ville jolie fief de Liman, que j'ai aujourd'hui fait mienne, je veux vous faire don de ma mémoire. A vous qui m'avez accueilli non comme un étranger mais comme on accueille un véritable frère, un ami. Brisé, harassé par la fatigue et les maux qui s'acharnent sur nous depuis quelques temps, j'entreprend ce soir le récit de ma vie. Brisé et harassé certes, mais pas sans espoir. J'ai encore au plus profond des ténèbres que mes compagnons et moi même traversons actuellement, la force et la volonté de croire à une heureuse issue. Ma foi parle pour moi. Une foi que je n'ai jamais connue, aussi vive et aussi incisive qu'en ces instants.

A l'automne ou à l'hivers de mon existence, selon ce qu'en décidera notre Divin Seigneur dans son infinie sagesse, je désire vous faire partager les joies et les peines qui ponctuèrent ma vie de leurs bienfaits ou de leurs maux. Je sais qu'au sein de notre Temple vous me connaissez tous, ou plutôt croyez me connaître, au travers des actions d'éclats que j'ai mené avec mes compagnons au sein de cette ville. Lisez moi mes frères, lisez et comprenez quelle fut ma vie et mon destin. Un destin unique et quelque peu tragique. Le destin d'un orphelin sans avenir qui devint, j'ose aujourd'hui le croire, un homme de bien...


" Je fus recueilli, au sein de Miscuriath, l'une des deux seules églises Norse de ces Terres, alors que je n'avais encore que quelques jours. L'on ne sut jamais qui m'avait déposer envelopper dans ces quelques linges devant ces lourdes portes ferrées. Je fus recueilli et élevé par les frères de cette église, et jusqu'à mon mariage je ne connus aucune autre famille. Ces frères, qui sont aujourd'hui devenus les miens, les votre, m'élevèrent dans le respect de leurs préceptes et de leur foi, et je leur doit outre ma vie, l'excellente éducation qu'ils me prodiguèrent et un amour de tous les instants. A leurs côtés j'apprit à lire à écrire mais aussi à compter, j'apprit également l'histoire, la géographie, l'astronomie. Mais plus que tout autre chose j'apprit les Saints Préceptes, les textes Saints qui forment l'ossature de notre foi et cette merveilleuse langue Elfique que j'eus bien du mal a appréhender. Mon enfance fut heureuse, et je souhaite a tout enfant de connaître un amour et un attachement semblable a celui qui me liait alors a ces hommes d'églises. Ils ont sus tout au long de celle ci sécher mes larmes et me faire rire aux éclats comme seule une mère sait d'ordinaire y parvenir. Ils ont élevés mon corps, mon cœur et mon âme comme si chacun d'entre eux était un père attentionné pour son enfant. Je ne crois pas aujourd'hui avoir pus apporter plus a mes propres enfants, que ce qu'ils ont sus m'apporter durant mon séjour parmi eux. D'ailleurs n'ai je pas moi même répétés ces mêmes gestes en apprenant à mes enfants à construire des cerfs volants comme me l'avait alors enseigné le Frère Kewerd, ne leur ai je pas enseigné les rudiments de la sculpture sur bois et de la flûte a bec tel que me les avaient enseignés le père supérieur O'Brian ? Ces hommes de biens, ces Frères Norse d'Onnwall, ont fait preuve à mon égard d'une attention, d'une tendresse et d'un amour qui me touche encore au crépuscule de ma vie. Oui ce fut une enfance heureuse et chaleureuse, même si je n'eus pas à me côtés une tendre mère ou le modèle d'un père.

De modèle j'en eu d'ailleurs plusieurs pour être honnête. Qu'il s'agisse de nos Frères Convers chargé de la tenue de l'église, de nos jardins et des travaux d'intérêts généraux, de nos prêtres absorbés dans les études de nos Saintes Ecritures, dans leur foi sans faille pour notre Seigneur, et œuvrant sans cesse pour le bien être des populations dont ils avaient la charge. Notre Ordre contenait encore des Vidâmes, ces Frères Combattants charger de la sécurité de nos lieux Saints et de ces braves Frères Missionnaires chargés de combattre les cultes ennemis du notre et le malin sous toute ses formes ainsi que de propager ou qu'ils le puissent nos Saints préceptes. Comme je vous l'ai dis, je n'ai jamais manquer de modèles. Ces hommes avaient tous en communs un amour partagé de la vie, de la liberté et de certains idéaux religieux. Leur foi et leur sagesse m'ont guider tout au long de mon existence comme les rais de lumières d'un phare, par une nuit de tempête.

Adolescent j'entreprit mon noviciat, car il me semblait nécessaire et vital de m'investir a leurs côtés pour préserver et répandre les valeurs que j'avais désormais fais miennes. J'eus le choix bien évidemment, l'on ne me força, ni même me conseilla de suivre cette voie cléricale. Mais comment aurait il pus en être autrement pour moi maintenant que j'avais goûter à ses bienfaits. Tandis que j'étudiais les textes sacrés de notre Ordre, j'apprenais également le rude maniement des armes et l'art du combat. Car les Frères Missionnaires plus peut être que les Vidâmes sont des Frères Combattants. Quelques années plus tard il me fallut rassembler toutes mes facultés intellectuelles et ma foi pour parvenir a maîtriser les miracles qui étaient l'apanage de la caste que je souhaitai embrasser. Rien ne m'émeut encore plus aujourd'hui que le don de cette force vive, de ce don venus de notre Seigneur et qui s'écoule de tout mon être pour faire le bien autour de moi et combattre le malin. Je puis d'un simple geste de la main et de quelques paroles rituelles grâce aux attentions de mon vénéré Seigneur, créer de la nourriture pour les affamés, réchauffer les membres endoloris de pauvres voyageurs, soigner les blessures les plus mauvaises, lire de prévenants augures, terrasser le malin et bien d'autres choses encore...

Si la prêtrise m'attira un temps, la révélation vint de mes contacts fréquents avec nos Frères Missionnaires ou " clercs " comme les appellent certaines autres religions. Au contact de ces frères forts, braves et valeureux, qui sont prêt à tout sacrifier pour protéger, l'arme au poing les préceptes de notre Ordre, mais aussi les faibles et les opprimés et cela quelque puisse être leur confession. j'eus ainsi et parmi eux, ma première révélation. Je sus presque immédiatement quelle serait ma vie, lorsque je pris la décision de les rejoindre, de devenir l'un des leurs.

Je doit à mes frères de Miscuriath d'être ce que je suis aujourd'hui : un homme heureux, un père de famille comblé, un Baron de l'état libre d'Onnwall, mais avant même tout cela, un Frère Missionnaire du Seigneur Divin Frey.
Mon intronisation au sein de cette caste compte comme l'un de mes plus beaux jours. Je n'aurais jamais assez de gratitude pour mon Seigneur et pour le Grand Odin Wotan de m'avoir ainsi accueilli en leurs seins et ouvert les bras alors que je n'était encore qu'un enfant sans avenir.

Peu après ces événements heureux je rencontrai et épousais presque aussi vite, une femme d'une incommensurable beauté à l'âme pure et charitable. Une femme aimante, douce et attentionnée, une mère d'une attention exquise pour ces enfants. Elle fut pour moi tout ce dont un homme put un jour rêver.
Nous vécurent heureux de nombreuses années, au sein d'une cellule familiale que nous avions tous deux voulus protéger des frimas et des turbulences extérieurs. Elle me donna plus d'amour que je n'en reçus jamais, et me fit don de trois magnifiques enfants. Mes devoirs de Frères Missionnaires accomplis je regagnais a chaque fois le cœur léger notre foyer pour y couler des jours heureux en compagnie des miens. Durant de nombreuses années la vie s'écoula ainsi. Mes missions cléricales m'amenaient de plus en plus souvent a croiser le fer avec des suppôts du malin, et je me fortifiais un peu plus a chacune de ces rencontres, dans ma foi et mes idéaux. Combattre pour des valeurs qui vous tiennent tant à cœur ne nécessite pas tant de courage que je l'aurai pus croire. Chaque victoire amenait un peu plus de sérénité en nos terres, et de bonheur au peuple dont j'étais issu.

Puis vint le temps des guerres contre l'Herzog du sud. Dans un vaste mouvement offensif, ce vil Seigneur lança sur les terres d'Onnwall une vaste opération militaire navale et terrestre afin de s'approprier nos biens et nos personnes.
Aux côtés de l'armée Seigneuriale du Szeck, bon nombres de prêtres et de Clercs des religions de notre Etat prirent leur part de combat. C'est lors d'une de ses batailles pour la défense de nos biens et de nos vies, que je parvint avec le petit groupe de mes Frères que je commandais alors, a m'insinuer au sein d'une des citadelles qu'ils nous avaient enlevés et a prendre vivant le général adverse et son état major. Cette victoire nous permit de semer le trouble dans le commandement ennemi, et rendit possible la contre attaque de l'armée régulière qui repoussa les assaillants en grand désordre jusqu'à la mer.
Sur le dernier champs de bataille, Le Grand Szeck d'Onnwall entourer de ses vassaux, m'adouba et me fit Baron de Valkuiries. M'accordant titre, et par la même charges et terres. Quelques semaines après, le grand conseil de l'Ordre de Chevalerie d'Onnwall me faisait Commender, et je rejoignait ainsi les deux Officiers supérieurs de cet Ordre militaire. Les terres que m'avait confier le Grand Szeck lors de mon adoubement comprenait notre église de Miscuriath et le monastère de Bardil. C'est non loin de ce dernier que je fis bâtir ma Tour Seigneuriale.

J'étais désormais accablés par les responsabilités et les charges qui pesaient sur moi. Siégeant au sein de la Noblesse dOnnwall et de l'Ordre de Chevalerie de l'état, il me fallait en sus, régir mes terres et pourvoir à leur développement tout en poursuivant mes missions cléricales pour le bien de mon église. Ce furent de rudes années de labeurs, mais je pense m'être acquitter au mieux de mes capacités de toutes ces charges que l'ont m'avait fait l'honneur de me confier. C'est durant ces années d'intenses activités que le mal frappa ma famille. Mon aîné tout d'abord : Agevaert, qui au sein de notre église venait d'être confirmer comme Chevalier Saint, tomba sous les coups impies des chiens d'Hextor. Laissant derrière lui une femme épleurée et une enfant qui n'avait pas encore 2 ans. Mon cadet ensuite : Balkhar, qui vit sa vie et ses rêves de bonheur brisés, lorsqu'un membre d'un Ordre Druidique, assassinat sans que l'on sache jamais pourquoi l'amour de sa vie. Mon fils devint alors comme fou, il renia les préceptes et les valeurs qui étaient auparavant siennes et qui a ses dires n'avaient pas sus protéger la vie de sa bien aimée. Durant de longues années par monts et par vaux il traqua les représentants de cet ordre et fit payer ce crime, a nombre d'innocents prêtres de la vieille foi dans le sang. L'âme brisée je ne pus que condamner de toutes mes forces ces actes de folies insensés, me résignant même à le répudier, sans savoir comment j'aurai alors agis à sa place. Depuis ce jour je ne revis jamais mon fils. Nos chemins et nos destins devaient se croiser a nouveau pourtant au sein de la ville Jolie Fief de Liman bien des années plus tard, mais cela est une histoire que je vous conterai en son temps.

Encore tout a notre chagrin devant ces perte cruelle, le destin frappa a nouveau. Ma mie, ma douce Varlandia trouva une mort horrible dans un repaire d'Elfes Noir alors qu'elle et quelques uns de nos compagnons tentaient de venir en aide à de vieux amis et au Vicomte de Verbobonc retenus alors prisonniers en ces lieux. Il me fallut nombres d'années pour parvenir a vivre sans cette douleur permanente et ce sentiment d'abandon que je ressentis alors. Je passais des journées entières à œuvrer, pour ne pas penser au mal qui m'assaillait a chaque fois que je cherchai le repos. Ma foi et mes Frères me furent d'un exceptionnel réconfort, et je crois bien que sans eux j'aurais sombrer dans une démence semblable a celle que connut mon cadet. Il m'arriva alors de plus en plus souvent, de laisser la Baronnie aux bons soins du Frère Karesta mon gendre, le tendre époux de ma seule enfant désormais, ma douce Istria, pour entreprendre avec quelques compagnons de longs voyages. Lors de ceux ci nous traquions partout ou nous le trouvions, le mal, qu'elle qu'est put être alors la forme qu'il prit. Je garde encore aujourd'hui par de vers moi, de merveilleux souvenirs de camaraderie, de ces luttes que j'ai mener contre le malin, aux côtés d'êtres exceptionnels et de véritables amis, comme l'ont pus l'être et le sont encore : ma douce Fluorine et Galfand son " marchand " de mari, et ces braves Osrik, Tarasboulba, Ulrik et Alrik.

Fluorine et Galfand ont sus plus que tout autres sans doute, m'apporter le réconfort et l'amitié dont j'avais alors grand besoin. Je revois encore aujourd'hui ces longues nuits passées a deviser gaiement ou a chanter autour d'un feu de camp dans quelques lieux sauvages. Cent fois j'ai remis mon existence entre les mains de ces compagnons, sans en ressentir le moindre trouble, certains de leurs forces et de leur valeur. Cent fois nous avons combattus côtes a côtes certains d'une issue fatale proche. Cent fois j'ai pensés leurs blessures, cent fois ils ont pensés les miennes. Nous avons connus joies et tristesses, consécrations et infamies et toujours nous les avons accueillies de concert, mains dans les mains, cœurs contre cœurs, comme de véritables amis et compagnons que nous n'avons jamais cesser d'être.
A leurs côtés et grâce a nos faits d'armes je gravis les échelons de notre hiérarchie cléricale et devint Lama de mes Frères Missionnaires. Miscuriath n'abritaient que bien peu d'entre nous et lorsque notre Grand Prêtre et notre Vénéré Seigneur me confirmèrent a ce titre je devins le commandant de mes Frères de combat.

Cela ce passait bien des années avant que je ne rencontre les Frères Heïcur et Spherix, devenus depuis lors bien plus que des Frères, mais des parcelles même de mon être. Je ne puis désormais connaître d'unité sans avoir ces deux êtres de lumière à mes côtés. Je ne puis désormais concevoir ma vie sans ces deux compagnons de chaque instants, pas après ce que nous avons vécus ensembles. Mais même aujourd'hui et même ainsi il n'y a pas un jour ou mes pensées ne s'envolent pour quelques instants, vers la si troublante Dame d'Aslor et ce très cher Galfand.

Les années passèrent ainsi, sans grand repos désormais. La Baronnie de Valkuiries se développa quelque peux, et notre culte Norse, s'il ne fut jamais reconnus Religion d'état au même titre que d'autres, gagna nombre de fidèles.
Puis vint le jour ou quelques navires marchands, quelques explorateurs, rapportèrent de leurs longs voyages par delà les mers connues, des récits d'une contrée immense et doucereuse. Ce royaume avait pour nom Aurore et un Roi Elfe d'une grande sagesse présidait à sa destinée. Le conseil des Nobles d'Onnwall se réunit aux vues de ces rapports et estima après moults tergiversation qu'il devait envoyer en ces terres lointaines un émissaire.

Je venais de monter à bord de la frégate la "Bienheureuse", l'une des deux frégates que je possédais et que j'avais mis a disposition de l'état pour entreprendre le grand voyage que nous nous proposions d'effectuer.
La " Bienheureuse " ainsi que tout son valeureux équipage se préparait avec méthode, en cette belle matinée d'automne, à appareiller pour les terres lointaines de Gallas. Pour le moment elle se tenait fière et arrogante, dans le port militaire de Scant en Onnwall, aux côtés des bâtiments de guerre de l'état et du navire Amiral du Grand Szeck, mon suzerain. J'avais quitter il y a quelques heures à peines la citadelle du Szeck, ou ce dernier m'avait fait l'honneur de me nommer très officiellement devant mes pairs de la noblesse : Premier Ambassadeur d'Onnwall en le Royaume d'Aurore. Ce qui je dois bien l'avouer avait causer quelques remous, car cette fonction était depuis quelques temps briguée par des seigneurs, d'une toute autre importance et noblesse que la mienne. Mais ce qui avait présidé a ma nomination, je le savais, était que ce lointain Royaume avait érigé le Cléricat Norse en religion d'état. Etant tout a la fois Baron et éclésiastique Norse, j'étais par la même tout désigné pour ce poste de Premier Ambassadeur.

La " Bienheureuse " appareilla bientôt sous les hourras et les clameurs d'une population que je ne devais jamais revoir. Déchiré, je dus faire mes au revoir aux miens sans savoir si je reverrais jamais leurs doux visages. Ma première arrière petite fille était née quelques mois auparavant. Je partais à la rencontre d'une terre, d'un peuple et de coutumes inconnues. Seule consolation pour moi en cette belle matinée, celle d'avoir à mes cotés ma douce Solimine, ma première petite fille alors âgée de 19 ans. Elle était le fruit des amours d'Istria et du frère Karesta. C'était une enfant et une jeune femme d'une beauté envoûtante, comme sa mère. Ses longs cheveux blonds réunis en une savante tresse fidèle a notre tradition Norse, ses yeux d'un bleu profond, la pâleur de sa peau, la grâce de ses courbes en faisaient une véritable égérie Norse. Curieuse de nature, elle avait fait tout son possible pour m'accompagner, laissant même derrière elle pour quelques mois son tendre époux pour pourvoir à ma sécurité.
Car ses dehors de noble dame, dissimulait un formidable bretteur. Elle avait appris en bien peu de temps tous les secrets de notre maître d'arme et maniait la large Claymore comme bien peu d'hommes peuvent s'en montrer capable.
Outre Solimine et l'équipage de la Frégate au grand complet, quelques personnes feraient également la traversée en notre compagnie : Sigmünd Terrunsfeld (l'un des explorateurs revenant des terres d'Aurore et qui nous servirai de pilote), Malthern Daïghan (Historien, Homme de lettre et grand Linguiste, devant si nécessaire nous servir d'interprète), et le Frère Heïcur.
Le Frère Heïcur, était un parent de Galfand que celui ci m'avait particulièrement recommandé. Frère Missionnaire du Seigneur Divin Frey lui aussi, il devait représenter en ces terres d'Aurore le domaine de Palanthus. Mon cadet de près de 30 ans, Heïcur n'en était pas pour le moins Lama de son ordre, et si je fus hautement surpris de cela les premiers temps de notre rencontre, je devais découvrir par la suite qu'il en avait grandement l'étoffe et les capacités.

Nous primes donc la mer, chargé d'approvisionnements et de biens nécessaires au voyage de quatre longs mois que nous devions entreprendre. Si le premier mois de traversée se déroula sans encombres majeurs il nous fallut tout de même essuyer quelques terribles tempêtes, expérience assez pénible pour une personne qui comme moi n'a pas le pied très marin. Dès le second mois, les ennuis sérieux commencèrent: nous faillimes nous faire aborder par un navire pirate et nous n'avons dus a cet instant notre sauvegarde qu'aux talents et a l'expérience de notre Capitaine et a l'excellente tenue de notre bâtiment. Quelques semaines plus tard nous crûmes bien voir notre dernière heure arrivée lorsque la " Bienheureuse " croisa au large d'un archipel inconnu une pieuvre géante bien décidée a nous couler par le fond. Mais notre plus grand défi fut de nous retrouver sans plus de vivres après près de quatre mois et demi de voyage sans pour autant avoir aborder aucunes côtes. Il nous fallut alors nous en remettre entièrement à la grâce de nos Seigneurs et aux talents de notre Pilote. Nous avons naviguer une semaine durant sans entr'apercevoir le moindre îlot ou faire escale, et nous nous pensions véritablement perdus lorsque par miracle la vigie aperçut une terre.

Ce n'était pas Aurore, mais une petite île perdue au milieu de cette immensité océanique. Que Frey et Odin Wotan soit loué, cette petite île regorgeait de nourriture et avait même une source d'eau claire. Nous fîmes halte sur cet île du Salut (Nom quelle porte encore aujourd'hui) durant une bonne semaine. Nous y refîmes nos provisions, y reprirent des forces et savourions chaque jours le plaisir de pouvoir marcher sur la terre ferme. Au moment du départ nous laissions là les corps de deux de nos marins et du sage Daïghan qui avaient tous trois succombés à la rencontre qu'ils firent sur les hauteurs de l'île avec un oiseau géant protégeant son nid contre ce qu'il avait pris pour une agression.
sept semaines de navigation plus tard nous abordions manifestement les terres d'Aurore après un périple de plus de six mois sur des océans et des mers inconnues alors que nous nous attendions à une traversée de quatre mois et demi au plus...

Ce que je vis d'Aurore la toute première fois, fut une côte sauvage a la beauté presque irréelle. Une luxuriante forêt d'ou s'échappait des cris d'oiseaux multicolores qui de temps a autres prenaient leur envol. Nous ne mirent pas longtemps en longeant la côte, à peine trois jours, pour jeter l'ancre vers la mi journée dans un port de belle taille. Quelques frégates assez semblables a la " Bienheureuse ", y étaient amarrées ainsi que deux lourds galions de combat.
J'avoue me souvenir de bien peux de choses et en avoir vus tout aussi peu de cette ville si semblables a tant d'autres, tant notre séjour y fut de courte durée. Nous eûmes tout de même le temps d'en faire une visite rapide, de nous y présenter aux autorités locales, et de découvrir non sans grande surprise que notre commun était a de rares différences semblable au leur. Quelques heures à peines après y avoir débarqué, nous nous portions déjà vers la Ville Jolie Fief de Liman, à cheval, en suivant les méandres d'une route parfaitement entretenue. Nous fûmes guidé jusqu'à Liman par un escadron de soldats de l'Arcande de Casaris la Basse, entité Politique et Géographique regroupant plusieurs Royaumes (appelées Dépendance en ces terres). Ces soldats, apparemment issus d'un corps hautement professionnalisé, accompagnèrent le petit groupe que nous formions avec le Frère Heïcur et Solimine jusqu'à la Splendide Ville Jolie Fief de Liman, Capitale de la Dépendance d'Aurore, que nous n'atteignirent que le surlendemain en fin de matinée.

Ce que je devais découvrir A Liman et en Aurore devais me changer à jamais..."

A Suivre...

par Jean-Christophe FRESNAIS 93