La Poésie dans le Jeu de Rôles
Source d'Inspirations

par Gaël DÉZIR et Frédéric GONDY




Certe, la poèsie s'apprécie telle quel, sans nul besoin de demander plus que toute l'émotion qu'elle transmet "naturellement".
Mais comme en toutes choses, notre nature humaine, passionnée et curieuse (surtout curieuse), nous pousse toujours à aller plus avant dans la compréhension de ce que l'on apprécie, de ce que l'on aime.
Des vers élégants, chantants, riches, et si possible alexandrins, sont certes une satisfaction en soi, en un premier temps pour leur auteur, puis pour leurs lecteurs. Mais rapidement, ce lecteur cherchera, avec raison, à connaître la signification de ces vers; pourquoi de telles rimes, pourquoi ces mots précis, que s'est-il donc passé pour qu'ils aient été écris, ne sont qu'une partie des questions légitimes que se pose l'admirateur.

C'est donc ce contexte historique que je me propose désormais de vous faire connaître. Ce sont les secrets espoirs et les sentiments dissimulés que je compte vous dévoiler.
Mais n'oubliez jamais, même si ces poètes ne sont qu'imaginaires, ils n'en ont pas moins des sentiments qui eux, sont bien réels.



Songe d'Une Nuit Solitaire par Gawyn d'Eau Profonde (alias Gaël DÉZIR)

Gawyn Bellanger d'Eau Profonde, Champion de Justice, Chevalier de l'Ordre de la Meute Céleste, Chevalier-Banneret de l'Ordre du Dragon Pourpre, Porte-parole de la Compagnie de l'Epée Cormyrienne, Baronet de Suzail, Comte de Nordmark
Que de titres ronflants et impressionnants pour cet humble serviteur du très saint Tyr. Paladin tout autant qu'orphelin, c'est un esprit romanesque aussi bien que romantique, adepte de l'Amour Courtois bien avant l'heure.
Il fit la connaissance de son âme-soeur, la belle Emmanuelle, en lui sauvant la vie, kidnappée qu'elle était par une sombre organisation pourrissant dans les bas-fonds de Suzail. La belle était fille du Seigneur-Maire Bellanger de Suzail, alors que la "bête" n'était qu'un Chevalier Errant. Mais cela n'empêcha nullement leurs sentiments de se développer.
Plus de cinq années durant, il fit une cour éperdue à sa mie, tout en parcourant le monde et le Cormyr afin d'y "redresser les torts", selon l'expression consacrée.
Cette Ode, composée au plus fort de son combat contre les forces ténébreuses, marque non point un terme à sa cour, qui perdurera toujours, mais à sa solitude, puisque les deux amants s'uniront quelques temps plus tard.
A ce jour, ils vivent toujours, heureux, en leur castel de Nordmark, et comme le veut la tradition, ils ont beaucoup d'enfants. Gawyn courtise toujours sa dulcinée.
Mort d'Un Héros par C'mell la Féline (alias Gaël DÉZIR)

Ou l'on traite à nouveau d'un fameux Paladin, en de toutes autres circonstances...
Ce poème est un faux !
Ou du moins n'est-il que duperie.
Gawyn d'Eau Profonde, homme de vérité et de droiture, commanda expressément ce lai à une jeune ménestrelle de sa connaissance, afin que soit répandu en Suzail et au Cormyr la nouvelle de sa mort, bien évidemment fabriquée.
Presque trois années après sa rencontre avec son âme-soeur, il fut à nouveau plongé en de sérieux troubles par la faute de cette même organisation criminelle qui avait autrefois tenté d'enlever Emmanuelle. Le maître de cette "guilde", une femme surnommée Masque Cruelle, fit donc une nouvelle entrée dans la vie de notre "héros", et elle fut pour le moins remarquée.
En moins de cinq jours, il fut la victime de trois tentatives d'assassinat, y échappant de justesse, tandis que cinq de ses anciens compagnons, moins fortunés, succombaient aux coups vengeurs de cette maléfique femme.
Lors de la troisième attaque, perpétrée par un groupe de rufians relativement nombreux, il ne dût son salut qu'au fait d'avoir finalement plongé dans la rade de Suzail, où ses assaillants le crurent mort puisque ne le voyant pas refaire surface.
Mais bien que sérieusement blessé, Gawyn put s'éclipser à leur vue, et regagner la terre ferme à quelques distances. Il alla sur le champ trouver sa jeune amie C'mell, lui conta l'affaire, et lui demanda de rédiger ce lai et de le faire connaître par toute la ville, en tant que témoin, lointain, de la scène. Ce qu'elle fit bien entendu, et avec talent.
Ce répis, ses ennemis le croyant sincèrement mort, lui permit d'enquêter en toute sécurité, et de veiller à distance au bien-être de sa mie. Il finit par découvrir l'identité des assassins et de leur maîtresse, ainsi que le nouveau repaire qu'ils occupaient.
Dès lors, il lui suffit de se faire accompagner par quelques-uns de ses compagnons, les plus sûrs et les meilleurs, et d'investir la place en un temps record. Ainsi Suzail fut définitivement débarassée son son pire fléau : sa Guilde d'Assassins. Ce jour compte comme l'une des plus grandes victoires du Royaume sur lui-même, bien que la maîtresse des lieux soit parvenue à s'enfuir.
Vengeance par Alix Bartold (alias Gaël DÉZIR)

Changement total de décor, avec ce jeune homme rêveur, sentimental, romantique à souhait, mais surtout complètement paranoïaque !
Difficile d'exprimer en quelques lignes les sentiments et les conditions qui poussèrent à l'écriture de ce lai prophétique, tant il y aurait de choses à dire pour le faire correctement comprendre.
Mais puisqu'il le faut, résumons à outrance, quitte à perdre un peu de l'esprit de ce qui l'a motivé.
Alix est un jeune homme natif de Sembie, qui connut une ignoble atrocité durant son enfance, lorsque sa mère et ses soeurs furent torturées, violentées et mises à mort sous ses yeux. Seule sa soeur jumelle y échappa indemne, tandis que lui-même était mentalement "atteint". Sa famille ayant été anéantie, et de quelle atroce manière, par la Dague de Bhââl, une confrérie de tueurs psychopathes se faisant appeler "assassins", il jura une éternelle vengeance à l'encontre de cette organisation, et en tua plus tard plusieurs membres. Il fuit désormais ces assassins en attendant le jour où il aura suffisament de savoir-faire et de contacts pour les retrouver. Mais dans sa paranoïa (aigüe ?), il voit régulièrement de tels assassins à ses trousses, quand peut-être il s'agit de toute autre chose.
Celle qu'il ne vit pas avec les yeux de sa paranoïa est Arkania, dont il tomba fou amoureux dès le premier regard, dont il veut croire qu'il était fou amoureux dès sa naissance, et même avant (et tout est possible en ce monde...). Aussi lorsque sa ténébreuse Elfe d'amie fut assassinée par une Elfe moins sombre de peau, mais d'âme bien plus noire, il jura sur la tombe qu'il avait lui-même creusé ce serment de vengeance.
L'avenir nous dira s'il parviendra à tenir ses promesses...
(par ailleurs, à titre d'inspiration, vous pourrez bientôt trouver ici son