Karma

par Gaël DÉZIR



Tout est noir.
Plus que les ténèbres, c'est le néant.
Pas de vie. Pas de mort. Seulement l'attente.

J'attends ainsi depuis plus d'une éternité, ou moins d'une seconde.
J'attends ainsi seule conscience dans l'immensité du néant, ou au milieu d'une foule que je ne peux percevoir.
Ma pensée toute entière est fixée sur cette attente, ou peut-être n'ai-je pas de pensées. Difficile à dire.
Mais si j'avais une pensée j'aurais probablement pu me pencher sur ce qu'a été ma vie. Fort étrangement elle me semble m'avoir été rappelée il y avait seulement quelques instants, ou quelques éternités...

Et je me remémore tout désormais.

Je me remémore ma naissance et le déchirement de quitter celle avec qui je ne faisais qu'un, abritée que j'étais des atteintes extérieures par une mère aimante. Du moins jusqu'à ce que quelques litres d'alcool mènent un semi-remorque sur la mauvaise voie. Juste en face de notre bonne vieille «deuch».
"Un miracle" disaient les gens de l'hôpital. Un miracle que ma mère ait survécu assez longtemps pour me donner naissance. Drôle de miracle...

Je me remémore mon enfance passée dans cet orphelinat pouilleux à être brusquée par les plus grands, et battue par les "vieux". Jusqu'à ce que l'on m'ait trouvé une famille d'accueil. Ils me fournirent une chambre, certes un peu étroite, mais pour moi seule. Ils me battaient aussi, mais uniquement lorsque j'avais fait une bêtise, ou que j'avais mal fait mon travail, ou encore qu'il buvait de l'alcool...
C'est ainsi que j'ai d'ailleurs appris ce qu'était un ivrogne.
Mais je n'y suis pas restée très longtemps.
La dame de l'orphelinat m'a appelé une "enfant martyr", et cette famille d'accueil des "bourreaux d'enfants". J'ai peu après appris ce qu'était un bourreau, et j'étais bien contente qu'elle soit venue à temps.
Ah oui, et elle appelait ma chambre un "placard". Je ne comprenais pas pourquoi...

Je ne suis pas restée longtemps à l'orphelinat non plus.
Un soir une des grandes avait voulu nous apprendre à "fumer". Elle disait que c'était bien, et qu'il n'y avait que les poules mouillées pour ne pas le faire. Alors on l'a tous fait. Jusqu'à ce que ce soit mon tour.
C'était vraiment pas bon, et ça m'a fait tousser et cracher et pleurer. Et accessoirement j'ai fait tomber la "tige" dans le lit. C'est pas croyable ce que ça s'enflamme vite un lit.
Alors vous savez ce que c'est, un peu de panique, une fenêtre ouverte sensée évacuée la fumée mais qui en réalité attisait les flammes, des gosses inexpérimentés qui essayaient de taper sur le feu avec leurs mains nues ou leur traversin.
Et en moins de deux, plus d'orphelinat.
Ils nous ont réunis ensuite pour nous dire qu'on allait changer de maison, et qu'on allait devoir nous séparer, et qu'heureusement il n'y avait pas de bobos.
J'aurais bien voulu les croire...
J'aurais bien voulu, mais je voyais toujours la chemise de nuit de la grande s'embraser à la vitesse de l'éclair, juste avant ses cheveux puis tout son corps. Je la voyais toujours qui hurlait et se débattait dans tous les sens. Je l'ais d'ailleurs toujours vue, toute ma vie...

Je me remémore aussi mon adolescence, transportée d'orphelinat en maison d'adoption, de famille d'accueil en centre de placement, jusqu'à arriver dans cet étrange couvent où se mêlaient hommes et femmes, religieux et laïques, et qui faisait aussi fonction d'hospice et d'orphelinat, faute de termes plus appropriés.
En ce lieu saint j'ai appris que je n'étais plus vraiment une enfant le jour où pour la première fois mon sang coulait le long de mes jambes.
Et en ce lieu saint j'ai appris que je ne serais plus jamais une enfant chaque nuit où le jardinier venait s'insinuer en moi.
Je me disais qu'une fois de plus j'allais quitter cet endroit, partir pour un ailleurs plus heureux... pour un ailleurs heureux.
J'aurais bien voulu me croire...
A grand renfort de menaces et d'insinuations, de brutalités et de sous-entendus, il me tint muselée durant plusieurs années. Toute une éternité.
Moi et bien d'autres.
Jusqu'à ce qu'il commette une erreur. Sa première.
Ses offenses avaient fini par porter leur fruit en moi, et les soeurs avaient fini par remarquer la chose. Quelle perspicacité !
Lorsque ses yeux hagards se fixèrent sur les miens, tandis que les flics l'emmenaient, il m'a dit qu'il me retrouverait, moi, sa préférée, et que bientôt il reviendrait et qu'il prendrait soin de moi, que jamais plus nous ne serions séparés.
La spychologue m'a répété et répété que c'était bien fini, et que de toutes façons il ne sortirait jamais de prison.
J'aurais bien voulu la croire... mais je ne le pouvais plus !

Je me remémore de même les quelques mois qui ont suivi. Oh bien sûr il y avait les vertiges et les nausées, les fringales, parfois dégoûtantes, et les vomissements.
Mais surtout il y avait ces sensations indéfinissables lorsque l'on sent la vie en soi, à chacun de ses mouvements, à chaque battement de son coeur minuscule, et cette impression d'avoir quelque chose de divin et d'accomplir un miracle.
Un VRAI miracle...
Et puis les gens bien pensants m'ont ramené à terre et m'ont assassiné.
Je ne pouvais pas garder ce miracle, parce je ne pouvais pas l'élever.
Et d'ailleurs je ne VOULAIS pas le garder, car je ne l'avais pas souhaité, il était le résultat malheureux d'une offense envers moi comme envers Dieu.
Mais que savaient-ils, tous ces gens de Dieu, du lien qui unit une mère et son enfant ?
Que savaient-ils tous de l'Amour de j'avais pour la chair de ma chair ?
Comment ont-ils pu nous faire ça ?!?

Bien sûr j'avais été violée...
Bien sûr je n'avais pas choisi de donner naissance...
Bien sûr je ne ressentais aucun sentiment pour le père de mon enfant...
Mais il n'était pas SON enfant, mais le mien... il n'a été que l'étincelle qui a allumé le feu de la vie en moi, en elle, alors que j'étais celle qui a entretenu ce feu, qui l'a alimenté, l'a attisé, l'a embrasé, attendant de l'embrasser.
Et puis d'abord, Marie était-elle vraiment consentante lorsque Dieu l'a enfanté ? Pas que je sache...
Mais je n'avais que quinze ans, et je n'étais pas encore assez forte pour décider envers et contre les autres. Vraiment pas assez.
Chaque seconde, chaque détail de sa naissance est resté gravé dans ma mémoire, au fer rouge.
La douleur de la sentir quitter l'abri chaud et rassurant de mon corps. Non pas la douleur physique, non. Seulement le fait de savoir qu'on allait nous séparer.
Le déchirement de notre séparation, de la fin de notre union que jamais nous ne retrouverions, tandis que les immondes lames nous tranchaient toutes deux.
La souffrance de la voir, si belle, si fragile, hurler à pleins poumons son refus de me quitter, si fortement symbolisé par les larmes amères qui ont perlé de ses yeux en même temps que des miens. La détresse enfin de cette double pensée que non seulement nous n'allions jamais nous revoir et que même elle ne saurait pas avoir une mère, mais que de plus je pouvais d'ores et déjà voir ce que serait sa vie. Ma vie. Sans espoir, réconfort ni bonheur.

Je me remémore le jour tant attendu où j'ai enfin pu quitter ce lieu nauséabond, où je pouvais pour la toute première fois espérer diriger moi-même ma vie. Ne plus dépendre d'autrui. Enfin majeure !
Et puis la chance a commencé à me sourire. J'avais décroché un boulot agréable à peine quelques mois plus tard. Serveuse dans un pub à l'ambiance et aux clients sympas. Avec un patron charmant. Vraiment charmant. A tel point qu'il m'avait même accordé deux journées de congé chaque semaine pour entreprendre mes recherches.
Car bien entendu, il était hors de question pour moi de laisser mon enfant seule, loin de mon amour.
Mon patron m'avait même loué une chambre au-dessus du pub pour une somme dérisoire.
Vieil émigré irlandais, il ne parvenait pas le moins du monde à cacher derrière un air faussement bourru le coeur d'or gros comme ça qui battait dans sa poitrine, sans même parler de l'effet produit par le chaton qu'il trimbalait à longueur de journées sur ses épaules, et qui semblait ne pas vouloir le quitter un seul instant. Il était toujours prêt à écouter les malheurs des autres, et avait toujours le bon mot pour leur remonter le moral. Il faisait crédit à presque tous ses clients, et même à certains qui venaient pour la première fois. Alors forcément son pub ne marchait pas très fort, du moins pas aussi bien qu'il aurait pu.
Mais c'est aussi ce qui faisait son charme. C'est bien simple, on aurait dit qu'il n'était là que pour aider les autres.
Je crois même sincèrement qu'il est le seul homme que j'ai jamais aimé.

Et puis je me remémore cette vague de panique parmi les toxicos, très vite propagée chez les gays. Bien sûr j'étais épargnée, comme tous les gens "normaux" comme ils disaient à la télé. Pour ce qu'il en savent de la normalité...
N'est-il pas normal pour une mère de vouloir qu'on lui rende son enfant ?
N'est-il pas normal pour un être de pouvoir vivre avec celui qu'il aime ?
Mais ça leur permettais de contrôler la masse, d'éviter la panique. Après tout, qui se souciait de la mort d'un "camé" ou d'un "pédé" ?
Ils ne sont pas vraiment humains, alors pourquoi s'en faire, tant que cela ne touche qu'eux...
Jusqu'au jour où tous ces gens normaux et bien pensants ont enfin compris que cela les concernait eux aussi.
J'étais épargnée car je ne me droguais pas, je n'avais pas de rapports sexuels, je n'étais pas hémophile et n'avais jamais subi de transfusion sanguine. Je donnais bien mon sang, mais ce n'est pas ainsi qu'on est infecté...
Ou du moins cela n'aurait pas dû être le cas.
Pourtant j'étais bel et bien atteinte par cette maladie, la maladie d'amour comme l'ont si bien nommé les journalistes, les "journaleux". Maladie d'amour... Moi qu'aucun homme n'avait jamais aimé. Les choses sont parfois plus ironiques qu'elles ne le semblent.
Ce coup-là avait bien failli m'achever, mais mon vieil Irlandais de patron était vraiment un homme formidable. Il me sauva dans les premières heures, me réconforta dans les premiers jours, et me montra son amitié dans les premières semaines. Il m'a aidé à surmonté le choc aussi bien humainement que professionnellement.
C'était vraiment une perle rare !
Même son chaton s'est mis de la partie, commençant à m'apprécier également, seul autre être humain qu'il semblait vouloir honorer de ses ronronnements. Et comment résister à une petite boule de poils aussi craquante ?
C'était vraiment une perle rare...
Mais même lui n'a rien pu faire pour empêcher ce bête accident.

Je me remémore en effet cette nuit sans Lune où nous fermions le pub.
Je me remémore notre sortie dans la rue, peu passante à cette heure avancée.
Je me remémore l'arrivée au loin de cette voiture, roulant en pleine ville à une allure folle, à "tombeau ouvert" comme on dit parfois...
Alors les choses se sont enchaîné sans que j'en ai vraiment conscience : mon compagnon qui trébuche en se retournant vers ce bolide, la voiture qui arrive, le chaton qui tombe à terre, la voiture qui se rapproche, l'animal apeuré qui fuit au hasard, la voiture qui est presque sur nous, mes mains qui se jettent sur la petite boule de poils avant même que j'en prenne conscience, la voiture qui nous dépasse, mon corps qui s'affale sur le bitume entre les véhicules stationnés, la voiture qui s'éloigne, et les soudaines ténèbres.
Le conducteur trop véloce s'en était bien sorti, le chaton avait eu une frousse de tous les diables et mon ami en était bon pour quelques bleus.
Quand à moi, je repris conscience à l'hôpital quelques heures plus tard. L'on m'expliqua que ma tête avait heurté un pare-choc après que j'ai rattrapé le chaton, et qu'elle avait fini par cogné le bitume, d'où les quelques brûlures que je pourrais ressentir. Mais rien de grave, juste des marques au front et aux tempes. Ils allaient juste me garder une journée ou deux, histoire de ne prendre aucun risque, et je pourrais ensuite rentrer chez moi sans encombres.
Pour la première fois depuis des mois j'aurais bien voulu les croire...

J'eus à ma sortie droit à une promotion au sein du pub : j'étais devenue gérante, m'occupant de tout régir dans les grandes lignes, le patron continuant à s'occuper des détails. Le service me manquait un peu, surtout pour les contacts privilégiés avec les habitués ou la découverte des nouveaux-venus, futurs habitués.
Mais il est vrai qu'il ne m'était plus possible d'assurer le service. Mon patron semblait se culpabiliser de ce qui s'était passé, mais il n'y avait aucun responsable; pas le conducteur inconscient, pas le chaton, pas même Dieu, et surtout pas lui.
Je crois que jamais je n'ai réussis à dissiper sa culpabilité ni ses remords. Bien sûr il m'affirmait qu'il n'en était plus rien, et sa voix semblait sincère. Mais il n'y a réellement qu'en lisant ce que disent les yeux que l'on peut savoir ce qui est; et cela je ne le pouvais plus...
Je n'ai pas pris de chien parce que cela aurait causé des problèmes avec le chaton; et puis de toute façon à quoi m'aurait-il servi, puisque je ne sortais plus du bâtiment où je travaillais et vivais. Ce qui me manquais le plus au final était la Lune et le ciel étoilé. La lumière chaude, douce et magique de la Pleine Lune. Les constellements d'un ciel d'encre parsemé de milliers de joyaux scintillants. Et le chaton aussi, dont je ne pouvais plus que m'imaginer la croissance en un superbe félin, fauve en miniature.

Je me remémore aussi son retour.
Contrairement à ce que l'on croit, aux clichés traditionnels, l'ouïe ou l'odorat ne se développent pas lorsque l'on perd la vue. Pas plus qu'ils ne l'étaient avant. L'on dépend simplement plus de ces sens là, les seuls qu'il nous reste, et auxquels on ne s'est jamais remis entièrement.
C'est pourquoi la nuit de son retour, je n'ai ni entendu ses pas de loin, ni reconnu son odeur. Non, je crois que j'ai simplement su intuitivement que c'était lui.
Cinq ans plus tard...
Seulement cinq années !!
Lorsque je compris qu'il était là, j'étais persuadée qu'il allait me tuer, et il aurait fini par le faire.
Il prenait plaisir à me parler, à me rappeler nos "moments d'intimité", à s'inquiéter de notre "lien" comme il l'appelle. Il prenait son temps pour m'effrayer, m'apeurer, me terroriser.
Il était physiquement aussi doux et tendre que ses mots étaient durs et acerbes. Il semblait aimant alors qu'ils étaient haineux.
Et puis ses paroles devinrent plus douces. Ses mots plus mielleux. Et en même temps les coups commencèrent. Tapes d'abord, puis gifles, et coups. Mais même ses coups de poings rageurs, accompagnant ses paroles les plus douces, n'étaient rien en comparaison de la suite. Il prit un objet, batte ou barre à mine, et l'enfer commença sous une pluie de coups briseurs, lorsqu'il se tut complètement.
Même mon bâillon ne suffisait plus à retenir mes hurlements, et lorsqu'il glissa sous l'impact subi par mes mâchoires, mes cris me parvinrent enfin, et parvinrent à mon voisin, patron et ami.
Il arriva au plus vite, et me sauva d'une lapidation certaine.
Alors mon agresseur commis l'erreur de le méjuger, de le prendre pour un vieillard à moitié sénile à bout duquel il viendrait rapidement. Sa seconde erreur. Sa dernière...
Avant que je ne perde conscience, il m'assura que je n'avais plus rien à craindre, que ce pervers violeur et psychopathe ne me ferais plus jamais aucun mal, que désormais j'étais tranquille.
Et pour la première fois, je croyais tout cela...
Je le croyais car j'avais entendu la détonation du fusil à pompe.
Je le croyais car j'avais senti le sang chaud et visqueux me gicler dessus.
Je le croyais car j'avais compris que l'être qui hantait les cauchemars de mes huit dernières années n'était plus.
Je le croyais car j'avais finalement senti que mon enfant ne connaîtrait jamais son père, ni sa mère probablement...
Je le croyais, mais je n'en ressentais aucune joie.

Mais je repris conscience, contrairement à ce que je pensais, encore une fois dans une chambre aseptisée.
J'avais droit à une chambre individuelle; les médecins étaient aux petits soins pour moi; les infirmières étaient, pour une fois, charmantes et professionnelles. Je savais bien devoir tout cela à mon Irlandais.
Je ne sentais plus aucune partie de mon corps, tant les doses de morphine étaient importantes. Et régulières.
Mais l'on me fit néanmoins un compte rendu détaillé de mon état.
Dents cassées, nez brisé, mâchoire fracturée et déboîtée, multiples fractures, et fractures multiples, parfois ouvertes, aux bras et aux jambes, aux clavicules, au bassin, un peu partout en fait... on se serait cru dans cette comptine parlant d'alouette.
Mais d'après les médecins, tout cela n'était rien. Tout se remettrait avec le temps et les soins appropriés. Certes je ne serais plus aussi jolie qu'auparavant, mais au moins j'étais en vie, et c'était le principal.
Le seul petit problème, me disaient-ils au bout de quelques jours, étaient les coups portés au dos. A la colonne vertébrale plus précisément.
Jamais plus je ne marcherais.
Cela faisait tout juste un an que j'étais libre.

Je me remémore enfin l'année qui suivit, passée en soins et en retapage, en convalescence aussi.
Je me remémore ma sortie, mon retour en ce pub tant aimé, et le reste de mon existence, que le tumulte avait finalement quitté. Et ma mort aussi.

Je me remémore tout cela, et je sens que mon attente se termine.
Je sens la pensée me revenir, et je vois cette faible lueur commencer à scintiller.
Je me sens attiré vers la lumière qui vient d'apparaître.
Et je me remémore enfin ce qui va se passer, aussi bien dans les secondes que dans les années à venir.
Je vois clairement où je vais aller cette fois-ci : hémisphère austral; continent africain; corne de l'Afrique ; région de l'Afar en Ethiopie; tribu des Babangé; village de Houssi; hutte et ventre de Maïsamé.
Je vois aussi clairement ce qui m'arrivera cette fois-ci : naissance prématurée; mutilation infantile; mère aimante; père juste; famine durant environ 18 années; guerres durant autant de temps; mort à cet âge même de la fièvre Ebola.
Avant que tous ces souvenirs, passés et présents, ne s'évanouissent avec ma naissance, il me traverse une dernière pensée, que de suite je rejette car c'est une pensée puérile et vaine.
Car il n'en a pas toujours été ainsi et il n'en sera pas toujours ainsi.
Car quoi qu'il m'arrive, je sais qu'il y a toujours du bon à garder.
Car quels que soient mon statut et mon état, d'autres seront toujours inférieurs à moi.
Car quels que soient ma misère et mon malheur, d'autres auront une vie pire que la mienne.
Car quels que soient mes colères et mes rancoeurs, seuls Amour et Altruisme doivent être lois.

Cette pensée ?

"Karma de merde !"

par Gaël DÉZIR (ZENTHAR)